Sortie cinéma – Une sirène à Paris, de Mathias Malzieu

Demain, la Seine envahit votre salle de cinéma pour y laisser une sirène échouée, un chanteur désabusé, une péniche pleine de surprises et de fleurs et des chansons dans tous les sens. Mathias Malzieu adapte sur grand écran son roman Une sirène à Paris sorti l’hiver dernier. Laissez-vous embarquer dans un univers haut en couleurs : on en prend plein les yeux et plein le cœur, et on ressort plus légers… (Image mise en avant : © Thibault Grabherr / Sony Pictures Entertainment France)

À lire en écoutant le titre « Une sirène à Paris » de Dionysos.

© Thibault Grabherr / Sony Pictures Entertainment France

♪ Ola okoloula oula oula loula loula hoop ♪ 

Écrire un livre, réaliser un film, enregistrer un album : mission impossible ? Pas pour Mathias Malzieu. Au contraire, impossible de penser l’un sans se projeter dans l’autre. En ce soir d’avant-première, le réalisateur – écrivain – compositeur – chanteur – musicien nous invite à rentrer dans sa tête : émerveillement garanti ! Il nous offre son « petit cadeau artisanal », avec générosité et talent. Mathias Malzieu parle de son livre comme d’un « studio de cinéma portatif dans [sa] tête et dans [son] cœur ». Il en a fait un film, son rêve se réalise quand s’éteignent les lumières de la salle, et que la pellicule défile sous nos yeux. On se balade dans un Paris fantasmé et sublimé, d’une époque révolue et merveilleuse. Ville empreinte de souvenirs sépia, ville de lumière, ville d’amour. Voir ce film, c’est un peu comme ouvrir un livre de pop-up avec à chaque page un nouveau feu d’artifice fait main. Un théâtre en carton dans une salle de bain, un cabaret burlesque dans la cale d’une péniche, un tuk-tuk remorquant une baignoire à toute berzingue : de la poésie qui surgit à chaque coin d’image. La musique est omniprésente, c’est « l’ADN du film ». Elle est à l’origine de la rencontre entre tous, elle est à la fois créatrice et destructrice, objet d’amour et de mort. Elle redonne vie aux personnages quitte à en faire une crise cardiaque.  

© Thibault Grabherr / Sony Pictures Entertainment France

♪ L’amour à mort… ♪

Nicolas Duvauchelle : « C’est l’histoire d’amour impossible entre une sirène somptueuse et un chanteur qui ne veut plus aimer. ». Lui, joue Gaspard, « crooner de salle de bain » : éternel petit garçon perdu dans ses souvenirs heureux. Elle, Lula, incarnée par Marilyn Lima, est une sirène à la mélodie envoûtante et létale, échouée sur les quais de la Seine. De leur rencontre hasardeuse, naît une histoire d’amour improbable. Tous les hommes qui entendent le chant de Lula en tombent éperdument amoureux au point d’avoir le cœur qui explose. C’est le cas de Victor, infirmier urgentiste bientôt papa. Sa mort dévaste Milena, sa compagne, qui va remuer ciel et terre pour retrouver la coupable et venger son bien-aimé. Gaspard, lui, fait figure d’exception. Son cœur a explosé depuis bien longtemps : l’enchantement mortel ne peut pas opérer. Il recueille alors Lula et prend soin d’elle et de sa blessure, dans sa salle de bain envahie de canards en plastique. L’amour est le moteur de tous : sans lui, pas de vie possible. Mais Victor meurt, Milena porte désormais son enfant et sa vengeance, Lula ne peut survivre hors de l’eau, Gaspard n’est pas si immunisé que ça et Rossy est seule. « L’amour c’est comme de la joie, ça pique très fort. ». Et c’est bien ce qu’on ressent, pendant la projection : on rit, on s’attendrit, on s’émeut, et nous vient une irrésistible envie d’aimer. 

© Thibault Grabherr / Sony Pictures Entertainment France

♪ Non, rien de rien, je ne regrette rien ♪

L’envie d’avoir envie, l’envie de créer un nouveau monde, de vivre sa vie avec panache, de faire de chaque jour un bouquet de surprises, c’est le leitmotiv de ce film tout public. Nous montons à bord du Flowerburger boat, antre des Surprisiers. Vous vous demandez sûrement qui sont les Suprisiers ? Rossy vous répond : « Les Surprisiers sont ceux dont le pouvoir d’imagination est si puissant qu’ils sont capables de changer le monde. ». Changer son regard pour ne rien regretter : pour Gaspard c’est une aventure initiatique qui va le mener à faire enfin ses deuils et à se propulser dans une aventure digne d’un authentique Surprisier. Obligé par les événements à abandonner ses souvenirs qui encombrent son appartelier et à se détacher du livre merveilleux que lui avait confié sa grand mère, Gaspard devient un Surprisier pour de bon. C’est son histoire unique, et pleine de péripéties, avec Lula qui va rallumer la flamme et le sortir d’une nostalgie fantasmée et d’un passé idéalisé pour devenir lui-même. Nicolas Duvauchelle dit s’être « laissé emporté dans cette histoire comme un enfant » . Et c’est bien notre âme d’enfant qui ressurgit devant la toile, happé par un casting de Surprisiers touchants : Marilyn Lima, Nicolas Duvauchelle, Rossy de Palma, Tchéky Karyo, Romane Bohringer, Alexis Michalik… On monterait bien à bord de leur bateau le temps d’une soirée swing pour déguster des burgers aux fleurs, chanter à tue-tête, danser jusqu’à l’épuisement et ainsi laver toutes nos peines en poésie. On peut au moins en rêver, et pour cela, il suffit de vous rendre au cinéma et de plonger dans l’univers burlesque et émouvant d’Une sirène à Paris – « ce qui constitue un excellent début ! ».

Vous pouvez voir la bande annonce ici

Article rédigé par Lysiane Cadeo et Elisabeth Coumel

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