Sous le tarmac, correspondances d’aéroport 

Prenez place à bord de la salle intimiste du Théâtre Le Fou, attachez vos ceintures : ça va décoller. Dimanche 9 février à 18h, vendredi 14 et samedi 15 février à 20h30, Sous le tarmac, correspondances d’aéroport par la Cie Essentiel Ephémère vous emmène en voyage dans le labyrinthe d’un aéroport où s’entrecroisent des vies si proches des nôtres – et parfois si lointaines. Ne ratez pas cette excursion, vous reviendrez les valises pleines à craquer d’émotions, c’est promis. (image mise en avant : © Cie Essentiel Ephémère)

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© Cie Essentiel Ephémère

Décollage imminent : tous à l’aéroport !

Dans un terminal fait de palettes de bois et de cagettes, les histoires se suivent et ne se ressemblent pas. Ici « se côtoient, se cognent, se télescopent ou s’ignorent, des rêves de gosses, des histoires d’amour, du buisness de haut vol, du quotidien et de l’extraordinaire… ». On voyage des uns aux autres, toujours ensemble. Les comédiens de la Cie Essentiel Ephémère passent d’un personnage à l’autre, d’une émotion à l’autre, avec une facilité déconcertante. De la grand mère malicieuse à l’hôtesse d’accueil, en passant par l’homme d’affaire pressé, les taxis, les femmes de ménage et les couples en manque de soleil : c’est tout un monde qui se dévoile au terminal de l’aéroport. C’est bien « un sas entre ciel et terre » qui nous est proposé : de la poésie, de l’humour, la réalité saisie en plein vol, un regard lucide… Sous le tarmac, derrière les chiffres du tourisme mondial et les données fascinantes – et effrayantes – des flux aériens, des histoires se révèlent à ceux qui prennent le temps de regarder. A la même enseigne que le personnel de l’aéroport ou que les sans-abris qui y ont élu domicile, nous faisons partie de ceux qui regardent les voyageurs passer et repasser. Nous imaginons leurs histoires au fur et à mesure que le décor se transforme et prend vie. Sous le tarmac : des vies, des correspondances, des chagrins, des revendications, des regards. La pièce touchante de Renaud Rocher nous met à l’écoute. Dans un monde qui va « toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort », où on a le temps que de courir, on vient au théâtre s’asseoir, se taire, ne plus bouger pour écouter et rêver ensemble toutes ces histoires. 

Touchés en plein vol…

Au milieu de toutes ces vies réelles ou fantasmées, se fait entendre petit à petit une voix qui nous sort de la salle d’attente de Roissy-Charles de Gaulle pour nous jeter dans la vie. C’est la voix de Sékou, guinéen, torturé et jeté en prison, en fuite, qui débarque à Paris, grâce au destin et aux bonnes âmes qui ont croisé son chemin. Sékou, sans papier et sans repère, lance une procédure de demande d’asile. C’est une voix qui attend, inlassablement, qu’on lui réponde, qu’on l’écoute, qu’on lui permette de retrouver les siens. Cette histoire – vraie – nous attrape en plein vol et nous touche en plein cœur. Détresse et tendresse s’entremêlent sans tomber dans le pathos. On a les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Une rencontre particulièrement intense en ce samedi 8 février puisque le véritable Sékou est présent dans le public… La frontière entre réalité et fiction s’effondre pour de bon. Le théâtre débouche sur la vie et nous donne à voir ce que nous ignorons habituellement. La sincérité et la sobriété du jeu font résonner le réel sur scène : ici, il y a un espace où cette voix peut enfin se déployer. Comme un point de fuite qui donne de la perspective, l’histoire de Sékou dévoile la profondeur de la pièce – écrite à partir de témoignages recueillis à l’aéroport et dans des centres de demandeurs d’asile. Le théâtre laisse la place aux paroles qui ne trouvent nulle oreille pour se livrer dans la réalité et nous en devenons les heureux dépositaires. 

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© Cie Essentiel Ephémère

Atterrissage applaudi !

Cette pièce brasse de nombreux thèmes : les conditions de travail, les demandes d’asile, le projet de construction de ND des Landes et la résistance de ceux qui ont « l’impression d’être des ploucs », la guerre entre taxis et VTC, le discours capitaliste dont l’aéroport est le symbole… Et ça s’entremêle avec des histoires intimes, des angoisses d’enfant, des souvenirs douloureux, des retrouvailles joyeuses… L’envol est réussi grâce à l’équilibre trouvé entre intime et social, documentaire et fictions, drôleries et poésie. Dans cette salle de toutes les attentes, le théâtre prend soin. Ici on pense le monde et on le panse aussi au même moment. On nous met du baume au cœur, on nous rend sensibles, attentifs à ceux qui nous entourent dans des turbulences profondément humaines. En sortant, un comédien nous dit que la pièce mime le décollage d’un avion. Et en effet, de la douceur et de la légèreté initiales, nous traversons une palette d’émotions de plus en plus intenses : on s’envole. Antoine de Saint-Exupéry dit « Je vole car cela libère mon esprit de la tyrannie des choses insignifiantes. ». C’est aussi pour ça qu’on va au théâtre, pour une libération et un envol capables de rendre la vie signifiante. Et c’est bien ce que nous propose Sous le tarmac, correspondances d’aéroport : une excursion à travers des histoires signifiantes pour un décollage hors de notre quotidien. Nous sommes tous passagers de ce voyage et nous ne pouvons qu’applaudir, sains et saufs, heureux et touchés. Dépêchez-vous de rejoindre le terminal du Théâtre le Fou pour une traversée unique ! 

Réservation conseillée juste ici !  

Article rédigé par Elisabeth Coumel

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