Un spectacle de capes et d’épées à l’Espace 44 !

A l’occasion du festival turbulences , l’Espace 44 de Lyon accueille la Compagnie Myriade du 16 au 17 décembre 2018.  Ce sont Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas que la troupe lyonnaise met en scène dans une version jeune public hilarante et pleine d’aventures…

Quelle histoire en 55 minutes !?

La pièce s’ouvre et se clôt sur un texte que ne renierait pas Alexandre Dumas. Christophe Véricel, l’auteur de cette adaptation, reprend l’idée de la préface écrite par Alexandre Dumas pour expliquer son entreprise. Il existerait des Mémoires de D’Artagnan qui feraient mention de trois mousquetaires Athos, Porthos et Aramis et un autre manuscrit intitulé Mémoires de M. le comte de la Fere qui raconterait les histoires de ces trois illustres mousquetaires du roi. Citer une source ancienne en prologue d’une œuvre était une pratique très courante au XVIIIème siècle pour donner de la véracité à son histoire et c’est cette pratique qu’a reprise Christophe Véricel en imaginant un Porthos qui écrit ses mémoires et nous raconte l’histoire tandis qu’il l’écrit.
affiche-mousquetaires-e1479810391978L’histoire racontée par Porthos pourrait s’appeler « Les bijoux de la reine » tant les mousquetaires sont absents de cette pièce. En effet, Aramis et Athos n’apparaissent qu’une fois sur scène. Avec seulement 5 comédiens et pas moins de 10 rôles principaux, il était évidemment compliqué de représenter tous les personnages sur scène. De fait, l’idée de faire raconter l’histoire à Porthos devient réellement astucieuse car elle permet de replacer l’intrigue selon son point de vue et l’absence de ses deux compagnons en devient plus cohérente. Si Les trois mousquetaires de Dumas raconte avant tout les aventures de D’Artagnan et la façon dont il réussit à gagner ses galons de mousquetaires, l’intrigue de la pièce se resserre sur le complot fomenté par le cardinal pour nuire à la reine et dévoiler son amour interdit pour le duc de Buckingham. La compagnie mise sur les connaissances du public pour seulement résumer les parties trop compliquées à représenter sur scène ou pour faire des ellipses narratives, mais, malgré ses coupes, l’intrigue est limpide et accessible. On ne s’ennuie pas une seconde en voyant D’Artagnan, Porthos, Constance et la reine tenter de déjouer les plans du cardinal Richelieu. On regrette cependant que le rôle de Milady ait été aussi réduit, mais il était difficile de multiplier les intrigues et les personnages.

Une mise en scène dynamique

C’est en costume d’époque que les comédiens, tous passés par les cours Myriade, nous plongent dans ce monde de capes et d’épées. De fait, la distribution des rôles a dû être savamment préparées pour pouvoir jouer tous ces personnages à 5 seulement et donc perpétuellement changer de costume. Cette contrainte du nombre rend leur performance et la mise en scène de Jérôme Fonlupt et Christophe Véricel vraiment admirable, d’autant plus que les comédiens se livrent sur scène à de nombreux combats à l’épée, très bien chorégraphiés et très réalistes, orchestrés par Christophe Véricel, qui possède une formation d’escrime artistique. La scénographie est fluide et le rythme est frénétique. Les enfants ne s’ennuient pas une seconde et les grands assistent à un divertissement de qualité. Le texte, dit dans un français soutenu, rappelle l’époque où se passe l’intrigue mais est agrémenté de petites cocasseries à destination des enfants qui font mouche à chaque fois.

Divertissant et fidèle à l’esprit de Dumas, ce spectacle est une mise en scène épique et hilarante qui saura séduire pour les fêtes de fin d’année !

Jérémy Engler


Vous pouvez découvrir la critique d’un autre spectacle de la compagnie : Musée Haut, musée bas, rire et réfléchir au théâtre

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