Les vertes rizières de Taïwan et l’impossible réconciliation avec la Chine

Un spectacle de danse du Cloud gate Dance Théâtre of Taïwan, Rice, à la Maison de la danse à Lyon, jusqu’au 30 avril 2016.

Taiwan, île dissidente de la Chine dont les relations avec le voisin géant sont moribondes. Cette île de 23 millions d’habitants regorge de tours géantes et d’exploits économiques. Malgré cela cet État n’est toujours pas reconnu internationalement car la Chine bloque tout processus de pacification. Son influence croissante, qui exerce des pressions économiques et politiques sur les médias, constitue la menace principale sur la liberté de la presse selon Reporters Sans Frontière.

Pendant ce temps les artistes du pays déploient de grands talents. Avec Rice crée en 2013, le Cloud Gate Dance Theatre de Taïwan continue d’étirer l’anniversaire de ses 40 ans d’existence. De passage à Lyon, la vingtaine de danseurs et son directeur artistique Lin Hwai-min, nous offrent des corps tonics jonglant avec des baguettes géantes en bois souple devant un décor mouvant de rizières. Pour réussir des images vidéo d’une beauté suffocante de poésie, le réalisateur a passé deux ans dans le même champ de riz raconte le dossier. Devant les images, les danseurs virevoltent dans un style ondulatoire et martial marquant les quatre temps de la culture du riz.
Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan. Crédit Taïwan Headline News
Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan. © Taïwan Headline News

Pour s’imprégner de leurs gestes ancestraux, les artistes sont allés travailler dans les champs aux cotés des paysans pour permettre au spectateur occidental une imprégnation exotique et majestueuse dans un décors de pousses de riz, avec vent, eau et feu. Peu de corps à corps mais des élégantes ribambelles qui font flamboyer la scène avec Casta Diva de Bellini et la troisième symphonie de Malher. La dernière partie nous propulse dans un champs au printemps avec des femmes qui récoltent et des hommes gesticulant avec onctuosité, long bâton à la main ; un tableau éclatant d’une grande douceur, scène la plus aboutie parce que le metteur en scène a libéré son énergie par la suavité et le velouté.

Taiwan en attendant va investir sa première femme élue présidente dans son pays le 20 mai prochain. Tsai Ing-wen sera la première dirigeante d’Asie qui ne soit pas une héritière. Elle sera également la femme la plus puissante du monde chinois mais la réconciliation avec Pékin n’est pas au programme des prochaines années. Les danseurs de « Rice » pourront rentrer au pays pour fêter cet événement.
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Denis de Montgolfier
Rédacteur au Journal International où fut initialement publié cet article.
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