Suicide Squad : une équipe de bad guys en demi-teinte

Après un Batman vs Superman plus qu’en demi-teinte, l’univers de DC comics sort un nouveau film. Cette fois il s’agit des méchants de l’univers, en tout cas de certains d’entre eux, qui s’associent pour tenter de sauver le monde.

Un univers de plus en plus intégré

© Warner/DC comics
© Warner/DC comics

On a souvent fait des parallèles, des comparaisons et des oppositions entre Marvel et DC, cependant récemment il faut constater que les deux studios ont adopté une stratégie similaire, à savoir celui de l’intégration de tous leurs films dans un univers et une chronologie commune. Dans le cas de DC cela avait commencé avec Man of Steel et s’était poursuivi avec Batman vs Superman. Ainsi il n’est pas surprenant de trouver dans le film plusieurs allusions à la mort supposée de Superman, de retrouver Ben Afleck pour quelques apparitions de Batman, ou encore de voir des références à Aquaman ou encore de Flash.

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Une nouvelle vision de certains personnages qui n’est pas forcément réussie

Comme souvent, revisiter un personnage culte est une forme de risque. Il faut se rappeler le débat sans fin et potentiellement sans réponse sur qui représente le mieux le Joker entre Heath Ledger et Jack Nicholson. Dans ce film, un nouvel acteur incarne ce méchant presque légendaire, Jared Leto. Son interprétation est moins tourmentée que dans le film de Christopher Nolan et beaucoup moins baroque et haute en couleurs que dans le film de Tim Burton. Ce nouveau Joker plus roi de la nuit et sans sourire démesuré n’est pas forcément une réussite et a un rendu beaucoup plus fade que dans les films précédents.

Suicide Squad introduit le personnage d’Harley Quinn qui est assez familier pour ceux qui ont lu les comics Batman ou ont regardé le dessin animé. À l’origine il s’agit d’une psychiatre qui tente de soigner le Joker mais qui tombe amoureuse de lui et perd la raison. Traditionnellement elle est représentée avec une combinaison rouge et noire ainsi qu’avec un bonnet de bouffon. Dans le film il y a un ou deux clins d’œil à ce costume mais dans l’ensemble il est modifié pour devenir un tee-shirt moulant et un short si court que c’en est presque une culotte. Ce changement de costume n’était pas nécessairement utile et n’apporte pas grand-chose à part une tentative de rendre le personnage plus sexy.

© Warner/DC comics
© Warner/DC comics

Un traitement des personnages très inégal, un scénario un peu creux et un méchant assez fade

Si Suicide Squad est censé représenter un groupe de méchants, il se concentre en réalité principalement sur le personnage de Deadshot joué par Will Smith et le personnage d’Harley Quinn joué par Margo Robbie. De ce fait, le reste de l’équipe passe plutôt au second plan et n’est pas aussi développé.

Il est difficile de savoir qui est le méchant dans ce film. En effet la personne en charge de l’équipe, sorte de Nick Fury de Suicide Squad est particulièrement détestable. Mais officiellement le méchant de l’histoire n’est autre que l’Enchanteresse jouée par l’ancien top model Cara Delevingne. Finalement c’est un méchant que l’on voit peu, qui est plutôt fade et dont les répliques sont d’une platitude déconcertante.

En lui-même le scénario est plutôt creux et sert souvent de prétexte à montrer le plus de scènes d’action possible. Au fond l’histoire est plutôt banale et l’on sent que le film sert plutôt à poser les bases pour la réalisation de suites éventuelles, mais aussi sans doute pour préparer un futur Justice League of America.

La bande-originale est cependant un point plutôt positif. La musique est très bien choisie et colle souvent parfaitement avec ce qui se passe à l’écran. Par exemple le film ouvre sur le plan d’une prison et la musique qui accompagne cette séquence est House of the Rising Sun du groupe Animal, une chanson qui parle justement d’une prison à la Nouvelle-Orléans. En plus de cette chanson, la bande originale du film contient plusieurs chansons d’Eminem, Bobemian Rapsody de Queen et d’autres classiques du rock.

En conclusion ce film reste quand même une petite déception. Il s’en échappe un certain sentiment d’inachevé et frise parfois le bête gros film d’action. C’est assez loin de ce à quoi l’univers de DC avait pu nous habituer avec les Batman de Tim Burton ou la trilogie de Christopher Nolan. Il manque de la profondeur à l’histoire mais aussi aux personnages. Il est cependant beaucoup plus réussi que Batman vs Superman même s’il reste parfois un peu difficile de s’habituer à Ben Afleck en Batman.

Jeremy Young

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