Sulfureuse Oona Doherty : Lady Magma

SDans le cadre du festival Sens Dessus Dessous, la toute nouvelle création de la metteuse en scène et chorégraphe Oona Doherty Lady Magma flambe de sensualité et de désirs féminins pour le plaisir des yeux et du corps. Virevoltez à l’envi le 10 mars 2020 à l’Espace Albert Camus car le féminin est infiniment libre ! (Image mise en avant : © Oona Doherty) 

© Oona Doherty

L’Irlande et le féminin sous toutes ses coutures

Tout commence par une respiration à l’unisson. Ensuite, ces images d’une nature féminine exubérante, enchevêtrant expressions faciales mutines et colonnes florales. Puis, ce cri de révolte de la part d’Oona Doherty, meneuse de cinq femmes qui respirent la vie dans leurs cris, dans leurs larmes, dans leurs rires, dans leurs éclats les plus corrosifs et les plus grandioses. Franchir les portes de l’univers explosif et naturel d’Oona Doherty, univers sans aucun artifice qui glorifie le corps et ses respirations dans un déchaînement digne d’une transe sur fond de guitares électriques, de basses ou de mélodies perdues dans la pénombre, c’est prendre à bras le corps une expérience esthétique unique dans laquelle vos os et vos muscles deviennent la caisse de résonance de ce souffle vital : la respiration. Pieds nus, les cinq danseuses vous plongeront dans une fascination dionysiaque qui vous conduira à cette danse rituelle sous la forme d’une communion collective et d’une célébration de la libération de cette puissance vitale. Alors, vous retrouverez vos racines dans cette chorégraphie : la vie, la danse, la sexualité. Dans cette exploration du tantra, de rituels celtiques, païens et vaudous ou encore de représentations de la femme, vous sortirez revigoré.e.s de cet enthousiasme saturé de musique funk et d’énergie instinctive et bestiale. Le rouge contraste avec le blanc dans cette roulade érotique d’une suggestivité moelleuse. Si dans sa solitude, une voix a cappella semblable aux chants gaéliques perce l’abîme du silence, vous entonnerez  machinalement et à votre tour cette mélodie dans ce rituel enchanteur, ce « poom-poom » qui martèlera les sens et pulsera à travers votre épiderme. 

©Oona Doherty

Lucile était également présente, voici son avis :

Captivant, sensible, sensuel, féministe, voici les premiers mots qui me viennent après avoir vu « Lady Magma ». Une ode à la femme, à sa féminité, à son corps, à sa sensibilité, à sa sexualité. Un spectacle de danse composé de cinq femmes nous guidant à travers plusieurs tableaux, plusieurs couleurs, plusieurs émotions, tout en étant accompagné d’un environnement sonore ensorcelant. Tout est mélangé dans cette performance, c’est bien évidemment ça qu’on aime, qu’on redemande encore et encore. Car Oona Doherty, comme elle le dit si bien, a su marier douceur et rage immense : « Une forme de lutte, mais avec plus de douceur ». Un accueil chaleureux par la chorégraphe en personne avec un discours fort et révoltant en préambule, suivit d’une heure de performance envoûtante, il ne me reste qu’une chose à vous dire : allez-y, allez voir « Lady Magma » ce soir.

Nous remercions sincèrement Oona Doherty, Louise Tanoto, Janie Doherty, Aoife McAtamney, Keren Rosenberg et Justine Cooper ainsi que David Holmes, Ashley Smyth et Peter Miloy. 

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Article rédigé par Pauline Khalifa (Lika)

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