Les Temps mérovingiens, Musée de Cluny

Si vous passez un jour par Paris, dans le quartier latin autour de la Sorbonne, vous pourrez aller au Musée du Moyen-Âge dans l’ancien Hôtel des Abbés de Cluny. En plus de la collection permanente, et inclus dans celle-ci, il s’y tient en ce moment une exposition sur « Les Temps mérovingiens », située dans le frigidarium des anciennes thermes de Cluny.

Une époque méconnue située entre l’Empire Romain et le Moyen-Âge

Le règne des rois Mérovingiens en Europe Occidentale est un sujet de plus en plus méconnu du public. En effet, il a déserté nos livres d’Histoires au profit du Moyen-Âge, sujet plus classique et sans doute plus documenté. C’est pourtant une époque très riche qui tisse un véritable lien entre la fin de l’Empire Romain et les débuts du Moyen-Âge au sens large. Cette exposition offre ainsi un regard nouveau sur une période qui va de la bataille des Champs catalauniques en 451 à la fin du règne des « rois fainéants » en 751. Elle nous montre que les mérovingiens sont loin de correspondre à l’image de « barbarie » qui leur était autrefois associée. Au contraire, elle nous permet d’admirer les arts et les lettres souvent délicats et raffinés de cette période. En mettant en avant l’influence romaine encore présente dans le début de la période mérovingienne, cette exposition casse le mythe de la fin d’un monde et met plutôt en avant l’existence d’une acculturation de certains éléments de la civilisation romaine, permettant à terme de transiter vers une nouvelle culture.

L’aspect éducatif n’est pas non plus négligé, puisque l’exposition est agrémentée de panneaux, de cartes et d’explications historiques de grande qualité. Cela permet une meilleure compréhension de la visite, afin qu’il soit possible à tout public d’en apprécier le contenu.

Le fruit de collections de tous les horizons

Cette exposition présente au public une grande variété d’objets. Par exemple, on peut y voir de nombreux manuscrits originaux des VIIe et VIIIe siècles provenant notamment du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, des bibliothèques de Laon et d’Autun, de la bibliothèque apostolique vaticane ou des Archives nationales de France. Ces textes, au-delà de leur valeur historique certaine, permettent de se rendre compte de la qualité de la calligraphie, de l’enluminure et de la reliure à cette époque.

D’autres objets exposés viennent eux des collections du musée de Cluny, des prêts du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, du British Museum, du musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont ou encore du musée Alfred-Bonno de Chelles. Parmi d’autres, on peut noter la présence du trône du roi Dagobert, autour duquel sont rassemblées pêle-mêle œuvres représentatives de l’exercice du pouvoir à l’époque, diplômes, codes de lois, sceaux, monnaies et armes d’apparat. Afin d’étoffer cet exemple, l’exposition marque ainsi la constance de l’idée originellement romaine d’imperium, c’est-à-dire la nécessité de la représentation du pouvoir, qu’il soit politique ou religieux. L’importance de la religion dans cette société n’est à ce sujet pas négligé, avec plusieurs vitrines consacrées à ce sujet.

En substance, cette exposition, bien que riche et complète, reste particulièrement accessible à tous et mérite sans doute un détour au cours d’une ballade dans Paris. Elle a lieu du 26 octobre 2016 au 13 février 2017.

Jeremy Young

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