EN INTERVIEW AVEC THE GREAT DELUSION

En ce troisième jour d’interview, nous sommes allé.e.s à la rencontre d’un nouveau groupe: The Great Delusion ! Leur musique, évolue librement entre des esthétiques allant du Stoner au Post Rock, du Noise au Métal. Porté par un chant féminin et ses chœurs, le rock délivré est puissant et mélodieux. (Photo mise en avant  ©  Aurélien Mariat)

TGD logo .pngLogo  ©  The Great Delusion

  • Comment s’est faite votre rencontre à tous les quatre ?  Que signifie pour vous The Great Delusion ? 

Louisa: On s’est rencontré à l’École Nationale de Musique à Villeurbanne. Anthony, le guitariste, avait besoin de faire un projet pour son entrée en DEM (diplôme de l’école). On s’est dit qu’on allait monter un projet spécialement pour cela. On a ensuite vu que les répètes se passaient bien et qu’on avait envie de continuer ensemble. On s’est fait une première résidence à Joux dans un local, c’est là où nous avons commencé à monter des compos. Pour le nom du groupe, on trouvait que The Great Delusion résumait bien ce qui se passe actuellement et même pour notre génération. 

  • Dans quels univers se trouvent TGD ? Qu’est-ce que vous avez voulu transmettre à travers votre premier EP ? 

Ben: L’EP n’est pas forcément significatif de toute notre musique, composé un peu dans la hâte, il nous a surtout permis d’avoir des morceaux à montrer en live. 

Louisa: Le groupe était encore récent quand on a enregistré, on a eu à l’époque une belle opportunité d’enregistrement. Jo, l’ingénieur son du studio L’Hacienda organisait des stages, il cherchait des groupes à enregistrer pour former son stagiaire. Il nous a donc proposé, on s’est dit qu’on ne pouvait pas refuser même si ça ne faisait que quelques mois que l’on avait commencé le projet. 

  • Comment procédez-vous pour composer ? 

Ben: Au niveau des grilles ou des riffs, ce sont souvent les guitares qui apportent. Mais cela peut changer, en fait, il y a quelqu’un qui amène la matière, et les autres articulent. Ce qui est cool, c’est que c’est vraiment un travail à quatre et non pas un qui va ramener toute la composition et les autres qui suivent. 

Louisa: Souvent, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a un riff que l’on va faire tourner plusieurs fois jusqu’à que chacun trouve sa partie. On passe ensuite à un autre riff qui va continuer le morceau puis on essaye des structures différentes, on les enregistre, on les réécoute, etc. On fait le tri aux prochaines répètes, savoir ce que l’on garde ou non dans ce que nous avons fait. Ça fonctionne vraiment par boucle au départ, on ne se fixe pas une méthode particulière, on prend ce qui vient. S’il y en a un qui a une idée, on la bosse et on avise. On ne se fixe pas du tout de limites. On veut que chacun amène son grain de sel dans la composition. 

Bertrand: Plus tu es nombreux, plus il y a des sources différentes. Il faut arriver à dire quelque chose, tout en laissant de la place aux autres. C’est pour ça que l’on essaie d’articuler, pour que chacun ait sa place. 

  • Vous êtes un groupe qui joue beaucoup en live. Comment vous voyez cela ? Est-ce plus important pour vous ? 

Bertrand: Pour moi, le live c’est toujours l’aboutissement, c’est le plus intéressant à faire. Tu vas vraiment partager des choses en direct. Les enregistrements, c’est plus un moyen de se promouvoir et de trouver des concerts, mais le vrai échange avec le public c’est en live. 

Louisa: Le live nous a vraiment permis de progresser. Ce n’est pas juste en répétant et en ne se produisant jamais sur scène qu’il y a une évolution du projet. Ce n’est pas le même état d’esprit en répète, qu’en live. Et quand on fait des concerts, ce sont des réels moments de partage autant avec le public qu’entre nous quatre. 

Ben: En studio tu peux aligner des multitudes de pistes de guitare, ou de batterie par exemple. Alors qu’en live, il n’y a pas de ‘’cache-misère’’. On s’est rendu compte que ça nous soudait de plus en plus à chaque concert aussi, on se motive les uns entre les autres.  

  • Quelles sont les belles choses qui arrivent pour TGD prochainement ?

Louisa: On prépare notre deuxième EP, qui va être complètement différent de ce qu’on a pu sortir avant. On commence vraiment à trouver quelque chose de commun et qui découle de nos personnalités. 

Ben: Quand on réécoute le premier EP, on se rend vraiment compte qu’il y a les influences des groupes de chacun, allant des Psychotics Monks, Russian Circles, à Shame et Queens Of The Stone Age. C’était vraiment une corrélation de plein de choses alors que le deuxième EP nous ressemble plus. Mais on est toujours dans la dynamique de vouloir partager une version live de ce que l’on fait et pas forcément quelque chose de parfait et tout lisse. 

The-Great-Delusion.jpg  ©  Aurélien Mariat

  • On a remarqué Louisa que tu étais la seule fille sur les trois groupes que l’on a interviewé. On se demande comment tu te positionne par rapport aux femmes dans le rock ? Tu as l’impression que c’est facile pour toi aujourd’hui d’être dans ce milieu-là? 

Louisa: Je n’ai jamais eu de problèmes, ou de réflexions particulières, ni même eu à subir des discriminations en ce qui concerne le fait que je fasse de la musique rock. Mais c’est sûr que je suis dans un milieu très masculin et j’ai appris à me faire ma place, en revanche ça n’a pas toujours été facile. Malheureusement, j’ai l’impression qu’il n’y a pas encore énormément de filles dans ce style et dans cette musique, c’est ça qui est dommage. En tout cas, j’ai décidé de faire ma musique, qu’importent les avis, c’est mon choix de faire ça. Puis, je suis dans un groupe qui ne fait aucune différence et qui est très respectueux donc c’est l’essentiel pour moi. 

  • Et dernière question, comment voyez-vous évoluer le rock sur la scène musicale française et surtout à Lyon ?

Louisa: Je pense que le rock existe toujours et est loin d’être mort, c’est juste que maintenant il faut faire la démarche toi-même d’aller chercher les groupes et se renseigner. Avant le rock, c’était un truc qui nous tombait tout cuit dans l’assiette, c’était les idoles des jeunes dans les années 60-70 alors que maintenant, c’est plus une scène indé. C’est beaucoup moins médiatisé qu’avant. Ce n’est pas forcément plus mal, on se rend compte qu’il y a finalement un grand public pour cette musique. On a fait la Messe de Minuit au Transbordeur par exemple, et il y avait énormément de monde, on a vraiment été surpris. On se rend compte qu’à Lyon il y a une énorme scène rock avec des établissements comme Le Farmer par exemple où il y a toujours du monde. C’est aussi grâce à la scène qu’il y a à Lyon que l’on a pu se forger un peu notre personnalité musicale à travers plein de nouvelles découvertes. C’est une chance de pouvoir accéder comme ça à la culture. 

Ben: Il y a des salles incroyables à Lyon, comme le Farmer, Sonic et Trokson, avec des superbes programmations. C’est surprenant de voir à quel point on pense être le seul à aimer ce genre de musique et au final, il y a plein de gens autour, et dans le même cas que nous ! 

Bertrand:  Le rock reste une niche à Lyon qui est depuis un petit moment plus une ville électro, comme avec le festival des Nuits Sonores. Le rock, a toujours été présent aussi dans cette ville, mais c’est  un public plus ciblé.

 

Allez les écouter !

Golden Wire 

A thousand miles away

Damed Inside

DATES À VENIR : 

 

LucilePropos recueillis par Lucile Sauverzac. 

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