The ventriloquists convention pour le festival Avril en vrille

Au mois d’avril aux Subsistances, c’est l’occasion de découvrir de drôle de choses, que ce soit en danse, théâtre, ou encore en marionnettes. Avec le festival Avril en Vrille, du 1 au 3 avril, les spectateurs auront eu la chance de découvrir par exemple Miguel Gutierrez et Age and beauty ou encore Dana Michel et son Yellow Towel. Mais c’était également l’occasion de voir le nouveau spectacle de Gisèle Vienne, Denis Cooper et le Puppentheater Hall, à savoir, The ventriloquists convention. Un spectacle bien étrange qui n’a hélas pas convaincu tout le monde…

©Falk Wenzel
©Falk Wenzel

Mise en abyme

Gisèle Vienne est un grand nom dans le monde de la marionnette, ces spectacles marquent bien souvent nos esprits, par exemple Showroomdummies et ses mannequins de plastique. Formé à l’école supérieure de la marionnette, elle a évolué entourée de personnes pratiquant le même art qu’elle. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a décidé aujourd’hui de monter The Ventriloquist convention. Ce spectacle est en soi une mise en abyme de ce monde, cette convention de ventriloquie, existe bel et bien, tout comme les acteurs présents sur le plateau, qui utilisent leurs vrais noms, voire même leurs identités à part entière. Le spectateur assiste donc à une rencontre entre tous ses marionnettistes, venus de tout horizon. Ils vont être présenté, chacun leur tour, de manière plus ou moins approfondie. Certains noms évoqueront des souvenirs aux spectateurs du Festival international de la marionnette de Charleville-Mézières. Uta Gerbert y avait enchanté son public avec un spectacle très poétique nommé Manto. Chacun des marionnettistes est donc venu avec une marionnette, fétiche ou non. Durant les deux heures que dure le spectacle, ils vont échanger, créer ensemble, et assister aux spectacles des uns et des autres. En somme, on a un peu la sensation d’entrer dans les coulisses du théâtre, et d’assister à ce qui pourrait se passer en coulisse…

©Falk Wenzel
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Mais la magie ne prend pas

Si l’idée de base, de réunir différents artistes, de confronter leurs univers, semble plutôt bonne, la magie ne prend hélas pas. L’ensemble est en effet extrêmement long. Le présentateur passe la première heure à flatter l’égo de ses camarades en les présentant, ou au contraire, à les titiller sur certains points. La deuxième heure est, quant à elle, consacrée à la présentation des numéros de chaque artiste. Une fois compris ce rythme, on attend avec impatience que les dix comédiens aient au plus vite fini leurs tours. Si cette découverte de l’autre côté du miroir intrigue et fascine au début, l’émerveillement retombe très vite. Et là encore, cette déception aurait pu être relativement intéressante. Mais il aurait fallu allez au-delà de ça. Au final, on ne voit que des artistes qui discutent et se disputent, s’apprécient ou non. La volonté de pouvoir « observer les multitudes de couches de notre psychologie » ne se retrouve absolument pas dans la représentation. On ne s’ennuie certes pas, il est amusant de découvrir tous ses talents, leurs mondes. Mais une recherche sur leurs sites internet pourrait être un moyen tout aussi intéressant de le faire…

The ventriloquist Convention nous déçoit donc fortement, même si on prend plaisir à découvrir de nouvelles marionnettes, et des techniques de manipulation diverses et variées. Le festival Avril en Vrille s’est donc achevé hier, dimanche 3 avril, avec le spectacle Deep Aérobics de Miguel Gutierrez. Et pour les amateurs de marionnettes, rendez-vous du 12 au 17 avril pour la moisson d’avril, 11e biennale internationale des arts de la marionnette qui aura lieu dans différentes salles de la ville. À ne pas manquer, la compagnie Elvis Alatac et son spectacle Il y’a quelque chose de pourri, un Hamlet en théâtre d’objet, efficace et drôle.

Marie-Lou Monnot

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