Le théâtre des Clochards Célestes vous présente sa programmation

Après vous avoir présenté l’équipe du Théâtre des Clochards Célestes, hier, nous continuons notre présentation en nous concentrant cette fois-ci sur le contenu de la programmation et sa visibilité.

Le projet des Scènes Découvertes a-t-il effectivement permis une meilleure visibilité de votre théâtre ?

Martha Spinoux-Tardivat : Je ne suis pas sûre que le grand public se dise : « Tiens c’est des Scènes Découvertes, donc ça veut dire que c’est des jeunes compagnies ». Je pense que c’est quelque chose qui est encore assez flou. Comme on est des petites salles, que le label regroupe des scènes de théâtre, une de cirque, de chanson française, de musique actuelle, et que c’est varié et parfois un peu fourre-tout. On n’a pas du tout les mêmes façons de travailler, et je pense qu’on a du mal à peut-être travailler ensemble, parce qu’on est tous débordés dans nos réalités. Ce label, il est intéressant, mais je pense qu’il mériterait plus d’aide de la part de la ville en termes de visibilité, et ce travail il est difficile pour nous à fournir parce qu’on n’a pas le temps. C’est quand même une vitrine pour la ville de Lyon, mais il n’y a pas un accompagnement plus fort que celui qui est financier, si la ville voulait mettre des affiches partout en disant « Les artistes de demain, venez les découvrir dans les Scènes Découvertes », ça pourrait peut-être être plus facile pour le grand public de nous identifier…

logo-tccÉlisabeth Saint-Blancat : Ça c’est par rapport au public, en revanche par rapport aux professionnels, au bout de quinze ans – puisque ça fait quinze ans – j’ai la sensation très nette que ça commence à vouloir dire quelque chose dans le milieu professionnel mais je ne sais pas trop jusqu’à quel point. Et je ne sais pas s’ils savent vraiment ce qu’on fait. Surtout qu’on est tous différents, nous, on n’est pas deux à faire pareil, et c’est ça aussi l’intérêt.
Martha Spinoux-Tardivat : Oui, il y a quatre théâtres qui ont quatre directeurs différents, qui ne programment pas du tout les mêmes choses…
Élisabeth Saint-Blancat : Et c’est plutôt intéressant.
Martha Spinoux-Tardivat : Après on constate qu’il y a quand même beaucoup de programmateurs qui viennent voir les compagnies qui sont programmées ici, parce qu’ils ont confiance en la programmation d’Elisabeth et qu’ils savent qu’il y a une exigence artistique. On a des bons chiffres de fréquentation de professionnels et on voit les compagnies qui tournent ensuite, et on voit que cela sert vraiment à quelque chose.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi votre théâtre diffère des autres théâtres qui participent aux Scènes Découvertes ?

Élisabeth Saint-Blancat : Parce que les directeurs sont différents, donc on impulse des choses différentes. C’est le directeur qui fait la programmation. Chaque théâtre est à la couleur de son directeur de programmation. C’est clair.
Martha Spinoux-Tardivat : Et on est différents (NDLR : des autres théâtres de Scènes Découvertes) parce qu’on fait un accompagnement différent. Nous, notre spécificité se situe dans l’accompagnement des compagnies, elles viennent ici, elles sortent en ayant un bagage, en disant « On a appris des choses, on a réussi à faire venir des programmateurs, on a réussi à avoir une visibilité », qu’elles aient pas joué quinze jours pour le plaisir de jouer, parce que ça n’a vraiment aucun intérêt.
logoscened-e1473168099256Élisabeth Saint-Blancat : Si ça a un intérêt, pour le spectacle. Parce qu’il se met en place, que c’est des créations, que le spectacle prend corps, mais s’ils ne sont vus par aucun professionnels, alors ça ne sert à rien. Donc je vous explique pourquoi c’est à l’image du directeur. Moi, je suis très pédagogue, et j’aime ça. Donc pour moi, l’exigence de qualité – tout est relatif, ils sortent de leurs écoles, ils ne savent pas tout – mais ça n’empêche qu’ils peuvent se mesurer pour certains à des professionnels aguerris. Ça c’est une chose. Mais, je mets l’accent, moi, énormément, sur l’accompagnement. Nous ce qu’on veut c’est les accompagner et les aider à grandir, à tous les niveaux, c’est très important pour moi, parce que la pédagogie, la transmission, est pour moi très importante. C’est aussi pour ça qu’il y a des spectacles Jeune Public chez nous, et c’est aussi pour ça que je suis très exigeante avec cette programmation-là. Je me rends compte que ma formation de pédagogue, enfin le fait que je sois pédagogue, est importante.

Quels seront les points forts de la saison à venir ?

Élisabeth Saint-Blancat : Tous les spectacles sont forts ! Vous croyez que je vais vous dire celui-là il est bien, ce qui veut dire que celui-là il n’est pas bien ? (Rires)
Alors… le premier c’est une compagnie qui fait de la musique, et qu’on a déjà accueilli deux fois. Là, on les accueille pour un spectacle adapté de l’Appel de la forêt de Jack London, et il y a un mélange des genres et discipline : on y retrouve la musique avec les Xylophones en métal et le marimba et le dessin projeté pouvant contenir du texte. Je n’ai pas encore vu le spectacle puisqu’il est en création, mais comme j’ai vu leur travail, et que je connais leur exigence artistique, je peux accepter, ils ont le droit de se planter, et moi aussi. Ensuite, c’est quoi ?

© Ensemble TaCTuS
L’Appel de la forêt © Ensemble TaCTuS

Martha Spinoux-Tardivat : Vertiges.
Élisabeth Saint-Blancat : Ah, ouais. Oui oui oui oui, Vertiges. Donc Vertiges, c’est un texte de Jon Fosse, qui porte sur le questionnement d’un enfant concernant les limites de l’univers. C’est un jeune public, enfin adulte et ados. C’est même à partir de huit ans.
Élisabeth Saint-Blancat : Ah ouais, c’est petit aussi ça. Donc c’est un garçon tout seul – joué par un adulte bien sûr – qui se pose ces questions-là… le texte est très beau. Et il pose des questions que beaucoup de gens se posent : au-delà de ce qu’on voit, qu’est-ce qu’il y a ? Voilà. Alors ensuite, ça va être… je ne sais pas dans l’ordre.
Martha Spinoux-Tardivat : Singe d’orchestre.
Élisabeth Saint-Blancat : Ah, c’est ça. Moi une fois que j’ai tout programmé je ne sais plus rien. (Rires) Alors ça s’est encore musical et théâtral. Ce sont trois très bons musiciens, qui présente leur propre histoire de la musique, en une heure, et on va de la Préhistoire, à pas loin de l’époque contemporaine. Et c’est drôle, c’est très enlevé, comme spectacle. Et ils sont pas mal du tout comme comédiens, mais ils sont surtout des musiciens. Ensuite ?

Singe d'orchestre © Compagnie Laissons de côté
Singe d’orchestre © Compagnie Laissons de côté

Martha Spinoux-Tardivat : Petit Brin de poulette.
Élisabeth Saint-Blancat : Alors Petit Brin de poulette c’est un spectacle un peu musical, lui aussi, et théâtral, pour les tout-petits. J’ai accueilli, il y a quelques années Brin de poulette, c’était leur création, elles démarraient, elles étaient deux, elles étaient musiciennes, chanteuses, et elles faisaient une histoire de poule. Et je leur ai dit : « Mais pourquoi vous faites pas une version pour les tous petits, ça marcherait », et elles l’on fait. Et même si elles ne sont plus trop émergentes, je les accueille, parce que d’une part trouver des spectacles de qualité pour les tout-petits, c’est plus dur que pour les moyens, donc comme je connais le spectacle et que je sais que c’est pour des tout petits, elles reviennent. Et si quelqu’un revient me gronder, je saurais quoi répondre. C’est à Noël. Alors, ça c’est en journée pour les enfants et le soir, sur les mêmes jours, on a un autre spectacle musical. Comme c’est Noël, on fait plein de choses. Et le soir donc il y a le guitariste Olivier Lataste, qui avec son binôme, revisite des musiques des Beatles, entre autres, mais pas que …
Martha Spinoux-Tardivat : Il y a aussi d’autres styles.

Regarder la neige qui tombe © Théâtre de l'entre-deux
Regarder la neige qui tombe © Théâtre de l’entre-deux

Élisabeth Saint-Blancat : Il y a plein de styles… on a un Tchekhov porté par deux acteurs, un homme et une femme, qui repose sur un montage théâtral très intelligent de textes de Tchekhov, et c’est un vrai régal. Bon je ne suis pas objective, j’adore Tchekhov. Et comme c’est bien joué, voilà, c’est wouf !
Martha Spinoux-Tardivat : Ça s’appelle Regarder la neige qui tombe.
Élisabeth Saint-Blancat : Voilà, j’arrive pas à retenir le titre parce que je ne vois pas le rapport, mais c’est une phrase de Tchekhov. Donc ensuite nous avons La grenade (Whaou, Chapeau). C’est une compagnie qu’on accueille pour la deuxième fois, moi je la suis depuis cinq ans ou six ans, parce que la comédienne a commencé en fac… et je sentais que cette fille avait quelque chose à dire, mais à ce moment-là, c’était beaucoup trop vert, je ne pouvais pas l’accueillir. Et là elle a mûri, donc l’an dernier on l’a accueilli avec un Victor Hugo – Quatre-vingt Treize, super – et là, ils font un spectacle sur l’Assemblée Nationale, qui n’est pas triste. Voilà, alors après ?
Martha Spinoux-Tardivat : Les cavaliers.
Élisabeth Saint-Blancat : Tout de suite ? Si tu veux. Peu importe. Ça c’est Aristophane. C’est Loïc Puissant qui est le metteur en scène du spectacle. Je l’ai accueilli il y a deux ans avec un Wadji Mouawad.
Martha Spinoux-Tardivat : Un obus dans le cœur.
Élisabeth Saint-Blancat : Merci. Je savais qu’il y avait quelque chose dans le cœur, mais je ne savais plus quoi. Là, il a mis en scène, il ne joue pas. Les cavaliers d’Aristophane est une farce sur la prise de pouvoir. Nous savons tous comment ça fonctionne, mais quand c’est au théâtre et quand c’est Aristophane, c’est pas mal joué. Et puis ça peut être entendu différemment, puisqu’on enseigne pas, on ne fait pas la leçon, ce n’est pas didactique. Après ? Après, on a Les Dits du petit, non ? C’est une comédienne que j’ai accueillie il y a quelques années, qui s’appelle Irma Ferron, dans Barbe Bleue mais c’était une version tout à fait particulière qui était très intéressante. Et là, encore un coup, je cherchais des spectacles pour les petits – je cours après c’est terrible c’est très dur à trouver vraiment – et quand j’ai su qu’elle en préparait six, on a décidé d’en prendre 4, ça sera en deux fois, deux et deux. Donc ce sont des petites formes d’un quart d’heure/vingt minutes. Il y a Printemps, Étés, Automnes, Hivers, et le tout s’appelle les Dits du petit, le petit c’est le petit doigt, qui a quatre frères. Elle raconte différentes histoires avec ses doigts, mais pas que. Ses doigts lui servent pour présenter les personnages, mais autrement il y a plein d’univers différents, c’est très poétique, c’est… Je ne sais pas, c’est très particulier et je trouve ça vraiment bien.
Martha Spinoux-Tardivat : En fait elle a plein d’objets sur scène et les détourne : il y a un moulin à café qui fait la maison, elle fait tomber des grains de café sur une feuille pour faire penser au bruit de la pluie. Quand ils vont se promener dans la forêt, elle a rogné plein de crayons de couleur, et quand ils marchent on a l’impression qu’ils marchent dans des feuilles d’automne qui sont de toutes les couleurs, c’est très évocateur…
Élisabeth Saint-Blancat : Il y a la mer à un moment et elle est représentée par une planche avec des craies qui roulent dessus et ça fait vraiment le bruit de la mer, enfin il y a tout un univers très poétique, très simple qui raconte vraiment beaucoup de choses. Donc je suis contente.
Martha Spinoux-Tardivat : Jeannot et Margot.
Élisabeth Saint-Blancat : Ah oui. Alors, Jeannot et Margot c’est un peu l’histoire d’Hansel et Gretel, avec une marâtre cruelle avec les enfants de son mari, et c’est un spectacle de Commedia dell’arte. Alors eux ils sont d’Auvergne. Et je suis bien contente, je trouve ce spectacle vraiment très bien fait, et ça aussi c’est pour les jeunes. C’est bien que les spectacles soient lisibles à plusieurs niveaux pour que tout le monde y trouve son compte quoi. Si les adultes sortent en disant « Ah c’est bien pour les petits », pour moi c’est loupé.
Martha Spinoux-Tardivat : En acte(s).
Elisabeth Saint-Blancat : En acte(s), ah oui ! C’est un festival qui, il y a deux ans, mettait en avant des auteurs, et qui jusqu’à lundi dernier (c’était la dernière de la saison en juin donc) proposait à huit auteurs d’écrire en six semaines une pièce de théâtre d’une heure avec comme contraintes cinq acteurs maximum, pas de décor et une semaine de répétition – les acteurs ont trois semaines pour apprendre le texte, ils répètent une semaine avec le metteur en scène, et ont le plateau toute la journée, le jour de la première. Et ce qui est très très intéressant là-dedans, c’est que les auteurs, jeunes en général, peuvent voir tout de suite ce que leur texte donne au plateau. Et ça c’est très important pour eux, pour un re-travail, pour une prochaine pièce. Et donc pour l’an prochain, En acte(s), mis en place par la compagnie La corde raide et se déroulant au Lavoir public, un lundi par mois change de lieu. Les spectacles adultes iront à l’Élysée, et les spectacles seront accueillis par nous. L’an dernier, deux auteurs ont écrit pour du jeune public et c’est nous qui les accueillons, sur quatre représentations de deux fois deux jours. Il y a un texte qui raconte ce qui changerait si les enfants prenaient le pouvoir tandis que l’autre, se passe dans un futur proche, où les ordinateurs auraient les commandes sur tout ce qu’il y a dans notre maison, en nous disant : « Attention aujourd’hui, t’as marché que cinq mille pas, c’est pas suffisant », « Mange une pomme en plus »… donc toute la vie des gens est régie par cet ordinateur qui contrôle faits et gestes, et un jour l’ordinateur tombe en panne, et donc qu’est-ce que ça fait ?
Élisabeth Saint-Blancat : Du bien. (Rires). C’est lequel, c’est Joséphine ?
Martha Spinoux-Tardivat : C’est celui-là. Et après, Corps étrangers.
Élisabeth Saint-Blancat : Alors Corps étrangers, le metteur en scène sort de l’ENSATT. Il m’a sollicitée alors que je ne connaissais pas son travail et pour cause, il était encore à l’école. Donc j’ai lu le texte qui est absolument superbe et d’une grande force. Puis je l’ai vu, il a travaillé cinq jours avec ses comédiens et m’a proposé un début de quelque chose, qui m’a paru très intéressant. J’ai pas tout vu, donc je prends le risque, et j’assume. Voilà. Mais ce garçon, il est costaud, je sens.
Martha Spinoux-Tardivat : Ça raconte l’histoire d’un géant qui est bossu, qui a un corps assez différent, et en fait il habite dans un petit village, tout seul dans sa maison. Un médecin anatomiste habite à côté chez lui et veut absolument récupérer son corps pour le disséquer, il va donc tout faire pour arriver à ses fins.
Élisabeth Saint-Blancat : L’assassiner, en gros… Le texte est d’une beauté, pouf !
Martha Spinoux-Tardivat : C’est assez sombre et ce sera traité, un peu dans l’esthétique de La cité des enfants perdus, un peu, avec des couleurs vertes, comme ça, des choses qui suintent un peu, … c’est très étrange.
Élisabeth Saint-Blancat : C’est vrai.
Martha Spinoux-Tardivat : Les enfants sauvages.
Élisabeth Saint-Blancat : Les enfants sauvages, alors ça c’est Alice in Wonderland. C’est une toute jeune compagnie dont j’ai vu leur travail joué au Carré Trente, j’ai trouvé qu’il y avait des choses qui, comment dire… ? sortaient un peu de l’ordinaire par rapport à Alice. Enfin, qui sortaient de l’ordinaire, c’est idiot de dire ça, parce que Tim Burton c’est pas ordinaire, et personne n’est ordinaire ordinaire, mais disons que c’était une façon de le traiter qui m’a surprise. Voilà.
Martha Spinoux-Tardivat : Et c’est en version bilingue.
Élisabeth Saint-Blancat : Ah oui, c’est vrai. C’est bilingue, j’avais oublié. Et oui, ça aussi c’est intéressant.
Martha Spinoux-Tardivat : Ensuite y a les deux autres épisodes du Dits du petit, qui seront les deux autres saisons, et ensuite Sganarelle.
Élisabeth Saint-Blancat : Alors, eux ce sont des gens qui sortent de l’école IRIS, et ils ont monté deux pièces courtes de Molière, Sganarelle et Le mariage forcé, deux pièces courtes et efficaces, c’est ramassé, et … on ne s’endort pas. Donc de toute façon c’est la hantise de la… du cocuage. Du cocufiage ? Comment on dit ? Les deux je crois… la peur panique des mecs d’être cocu. Voilà. Et il y a euh… on sent qu’il y a l’École des Femmes, dans une des deux on sent que l’École des Femmes va arriver derrière. Don c’est joyeux ça aussi, et c’est burlesque sans être trop outré, mais c’est ce jeu-là, un peu, de tréteaux, quoi.
Martha Spinoux-Tardivat : Ton tendre silence.
Élisabeth Saint Balancat : Mmm ! Alors ça on l’a accueilli cette année, c’est une des pièces de la programmation du festival En acte(s) de l’an dernier. Et là ça a joué quatre fois.
Et je trouvais que c’était pas assez donc je lui ai proposé de le reprendre, parce que c’est un texte qui parle de l’appauvrissement du langage : dans une entreprise, on engage une personne pour, euh, c’est comment déjà ?
Martha Spinoux-Tardivat : Pour « booster » la rentabilité de l’entreprise qui est spécialisée dans l’amour, puisque c’est dans un futur où l’amour est devenu un bien commercial. On achète du temps aux gens pour avoir des compliments, des câlins, voilà.
Élisabeth Saint-Blancat : Et donc elle « fout le souk » dans la boite à mots. Elle remet des mots, elle redonne sens à des mots, et ça fait une espèce de révolution dans la boite, et je trouve ça superbe comme idée.
Martha Spinoux-Tardivat : Parce que tout le monde parle par anglicisme, par abréviation, par anachronisme…
Élisabeth Saint-Blancat : Comme on fait dans les sms et tout ça.
Martha Spinoux-Tardivat : Et en fait, elle va demander à quelqu’un « Bah donne-moi tes dix mots préférés. Fais une liste avec les mots que t’aime bien, je sais pas ». Et en fait ça crée de l’imaginaire.
Élisabeth Saint-Blancat : Tous se mettent dans la boîte, et il n’y a plus que le patron qui est largué complet. Mais c’est, joyeux, aussi, et c’est important ce que ça raconte. Alors quand je vous disais tout à l’heure que j’ai été élevé dans la décentralisation, je sais que ça a une image intello, où on se fait chier au théâtre, mais moi je n’aime pas m’ennuyer au théâtre, surtout que j’y vais tous les jours, et je m’y ennuie souvent. Donc je veille, vraiment, dans les programmations, à ne pas plomber. À ce que ça ne plombe pas. C’est un de mes objectifs. Accompagner les jeunes compagnies et ne pas « emmerder » le public. Sans faire forcément du café-théâtre, où… c’est pas que c’est pas bien le café-théâtre, quand c’est bien fait c’est bien fait, mais c’est pas le style de théâtre qui m’intéresse outre mesure, mais on peut aussi ne pas ennuyer les gens avec autre chose.

Propos recueillis par Adélaïde Dewavrin

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