Le Théâtre Ishtar : pour les mordus de romantisme, les piqués de thé et autres curieux

Le vampire de la rue morgue est une production de la jeune compagnie lyonnaise Le Théâtre Ishtar que l’on peut voir au Théâtre de l’Uchronie du 4 au 7 janvier 2017, à 20h30 et L’Envolée Culturelle n’a pas loupé la première !

Des meurtres à Londres…

Pour ce spectacle, le théâtre Ishtar propose une enquête surprenante, aux confins du réel, là où le monde des ténèbres avait séduit autrefois les poètes européens du XIXème siècle. À Londres, trois jeunes filles sont retrouvées assassinées, leurs cadavres abandonnés dans la rue : trois jeunes filles en trois nuits. John Hilligworth de Scotland Yard soupçonne un vampire d’être responsable. Pour assurer une résolution rapide de cette enquête, il décide de rendre visite à l’écrivaine Isabella Poe. Cette dernière, accompagnée un fantôme espiègle du nom de Roseleen, est une femme ingénieuse et férue d’histoires inexpliquées, de surnaturel. De lieux en personnages, le tout Londres défile, et avec lui ses mystères insondables.
Cinq acteurs pour presque le double de personnages, une scène pour des lieux différents, ce n’est pas un problème ! La troupe du Théâtre Ishtar réussit tout à fait cette gymnastique, et fait fi des contraintes pour son histoire. On virevolte d’un lieu à l’autre, d’une rencontre à l’autre sans que cela ne gène le spectateur, qui reste accroché à l’histoire jusqu’au bout.

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© D.R.

Un bon moment !

L’enquête reste somme toute assez simple mais elle est racontée avec beaucoup de délicatesse et de finesse. C’est la grande élégance anglaise qui nous est jouée et la pièce relève de ces petits plaisirs d’enfant qui consistaient à se faire peur gentiment. On se laisse embarquer très volontiers par des personnages attachants et toujours partants pour un trait d’humour, cette grande qualité qui incombe à toutes les fictions du genre. L’autodérision n’est pas en reste pour notre plus grand plaisir. On n’explose pas d’un rire gras, non, en revanche, on sourit souvent tout au long de ces deux enquêtes qui nous sont racontées. Entre clins d’œil (que Béla Lugosi repose en paix) et traits d’esprits, l’ambiance romantique est réussie.
La mise en scène, d’une grande simplicité témoigne de l’envie de la troupe de raconter des histoires « l’action d’abord ! » La mise en scène se rapporte davantage à une aire de jeux, celles d’enfants qui font avec ce qui leur tombe sous la main, créant avec la plus grande spontanéité du monde. Ces artifices reprennent le caractère grossier mais tellement plaisant des vieux films de la Hammer Production.

La troupe s’annonçait haute en couleur, avec une sérieuse dose d’ironie et d’humour. Nous n’avons pas été déçus. On ne pourrait que leur conseiller un petit effort supplémentaire sur la diction. Avec Le Vampire de la rue Morgue, vous serez sûrs de passer un bon moment, et puis ce sera l’occasion de soutenir une production labellisée Lyon… Chauvins ? C’est quoi ça ?

Margot Delarue

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