Un travail hors pair pour une lignée hors norme : un fabuleux voyage au pays des Mendelssohn !

Diane Meur est une femme de lettres Belge d’expression française. Elle a traduit de nombreux ouvrages philosophiques et scientifiques puis se tourne vers l’écriture. Elle publie son premier roman en 2002 La vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même. Elle présente son dernier roman à Lyon lors des Assises Internationales du Roman du 23 au 29 mai 2016 en participant à une table ronde avec Nathalie Azoulai et Nathalie Léger sur le thème « Les figures légendaires » le 23 mai à 21h aux Subsistances.

L’axe de départ

photo1 diane meurDès le début de l’ouvrage de Diane Meur, une de ses réflexions retiendra votre attention : « seules les vies ont un commencement, et encore » et d’emblée vous penserez avoir entre les mains un livre sur la pensée philosophique d’une lignée, en l’occurrence, celle des Mendelssohn. Mais vous serez très loin du compte, à mille lieux d’imaginer ce que ce livre suscitera en vous et ce que vous allez découvrir en suivant pas à pas l’auteur dans ses pérégrinations : la vie tout simplement ! Diane Meur se passionne pour une lignée en partant du fait qu’elle connaît Félix Mendelssohn, compositeur et Moses Mendelssohn, philosophe mais « comment faire un roman, là où aucune marge n’est laissé à l’imagination ». Alors elle va compulser des tonnes de documents, lire beaucoup de livres, visiter pas mal les moteurs de recherche sur Internet jusqu’au jour où elle tombe sur un livre relatant la vie d’Abraham Mendelssohn, banquier. Un éclair de génie fait irruption dans son imaginaire et voilà l’axe du roman trouvé ! Mais il faut remonter le temps et définir la place de son personnage oublié, dans l’histoire familiale, en raison de sa différence, et pourtant… L’auteure part à l’assaut de l’arbre généalogique de la famille et de la chronologie des faits, et ce n’est pas une mince affaire comme vous pourrez le découvrir à la lecture !

Un travail colossal au service de l’histoire et de la culture

photo2 diane meurGrâce à Diane Meur, vous pourrez traverser différentes époques, côtoyer un nombre incalculable de personnages célèbres, redécouvrir les œuvres et réflexions de ces mêmes personnalités. Un fabuleux voyage que vous effectuerez à bord de la machine à remonter le temps de l’auteure et au fil des pages vous tomberez dans les mailles du filet tendues habilement par Diane Meur. En pénétrant dans son univers, dans son cerveau et on se demande par quel biais ses idées se muent dans son imagination et comment ne pas perdre le fil de son arbre généalogique. L’auteure déroule l’écheveau de son rouet et tisse un à un les fils de son récit et un brin malicieuse, lorsque votre attention s’égare elle glisse dans l’humour et mélange ses réflexions sur sa vie personnelle à celles de ses protagonistes, avant de repartir vers la suite de l’aventure ! Elle vous mènera à travers le monde en passant par la France, la Prusse, la Pologne, La Roumanie, Ceylan, Berlin et tant d’autres contrées. Vous y croiserez le chemin de Voltaire, Bach, Frédéric II, Louis XIV, Lessing, Balzac, Alexandre Weil, Heine, Jacob Frank, Salomon Maimon, Lavater, Luther, et tant d’autres. L’auteure nous accroche par le récit incroyable de cette saga familiale qui n’aurait jamais vu le jour sans Abraham, huitième fils de Moses, banquier, qui arrête sa vie professionnelle à quarante ans pour se consacrer à l’éducation de ses enfants. Cette histoire familiale permet de toucher du bout des doigts une Europe fracturée par le pouvoir et la religion et comprendre comment une famille de confession juive arrive à engendrer une multitude d’autres confessions religieuses mais également des univers professionnels différents. Une lignée qui transmet et s’ouvre vers la diversité humaine : l’origine même du métissage. On ne peut qu’être admiratif du travail herculéen effectué par Diane Meur, n’hésitant pas à transformer son salon en véritable champs de bataille envahit d’innombrables notes, archives, livres, papiers, colle, ciseaux, etc. pour arriver à la fin à une véritable carte d’état-major de la famille Mendelssohn. Lorsque le récit devient compliqué à suivre, Diane Meur intercale des fragments de lettres écrites ou reçues par les différents membres de la famille ou relate une anecdote pimentant ainsi le récit ce qui vous replongera dans votre lecture. Il s’agit d’une incroyable épopée historique ! Si on va au-delà en faisant abstraction de la fresque familiale, il reste un tout autre roman, autobiographique celui-là, d’une période de la vie de l’auteure nichée entre les pages et livrée avec humour et humilité. Décidemment l’obstination à vouloir écrire un roman peut mener bien loin et bien haut dans la sphère de l’humanité.

Une idée folle me traverse alors l’esprit : et si notre arbre généalogique renfermait lui aussi autant de souvenirs dans l’espace-temps que celui des Mendelssohn ? Au travail cher lecteur, vous risquez seulement d’en apprendre bien plus sur vous-même… grâce à vos ancêtres !

Un courage et une ténacité débordante

IMG_1455-1Diane Meur met à l’honneur au travers de son roman : « le courage, l’endurance, la joie de vivre, la faim de voir le monde » de ces hommes et femmes dans un climat pourtant peu propices à de telles ambitions. L’auteure nous ravit par son style vivant qui permet à ses protagonistes de prendre vie comme si nous les avions en face de nous buvant une boisson quelconque et discourant sur des sujets divers et variés ou nous racontant l’histoire de leur vie en toute simplicité. Nous avons aimé la personnalité foisonnante de Diane Meur et saluons sa détermination à mener à son terme son vaste projet de roman pour enrichir notre culture personnelle. Certains lecteurs manquerons peut être de ténacité face à l’ampleur de l’histoire riche en noms, arts, littératures et faits historiques, parfois totalement méconnus, mais ce roman vaut le détour justement pour l’enrichissement intellectuel que procure sa lecture et l’envie de découvrir certaines choses plus en profondeur. Pour conclure cet article, je vous propose une phrase du livre à méditer : « la selve des destins humains s’entrecroisent à l’infini pour faire la grande histoire ».

Finalement la philosophie a eu le dernier mot !

Si vous ne pouvez pas être présents aux Subsistances pour la rencontrer, séance de rattrapage le 25 mai à La Ferme du Vinatier où l’auteure est invitée pour une rencontre à 18h30.

Françoise Engler

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