Un coup de cœur suicidaire pour Françoise avec Condamné à me tuer de Jonathan Destin

Jonathan Destin habite dans le département du Nord, dans un petit village nommé Marquette-Lez-Lille, à quelques kilomètres de Lille. Un drame fait basculer sa vie et de cette tragédie, est né le livre Condamné à me tuer pour que les « autres » dénoncent eux aussi le harcèlement qu’ils ont subi ou subissent actuellement. A dix-huit ans, il décide de témoigner en couchant des mots très personnels sur son livre. Plusieurs membres de sa famille viennent tour à tour nous livrer leurs émotions ressenties au cours de ce long, très long retour à la vie.

Un enfant qui ne demandait qu’à vivre comme les autres

Jonathan vit avec sa famille dans une maison à Marquette-Lez-Lille, près de Lille. Chez lui, il y avait toujours beaucoup de monde et ses parents aimaient recevoir. Jonathan a deux sœurs, Vanessa et Aurélie, sa mère Marie Pierre ne travaille pas et son père Alexandre est employé dans la sécurité incendie.
Jusqu’à son entrée en classe de CM2, la vie est paisible et il fait bon vivre. Elle est animée par de perpétuelles retrouvailles familiales donnant de grandes tablées à l’heure des repas. La famille se retrouvait aux baptêmes et aux anniversaires. On jouait à la PlayStation, on allait au bowling et parfois au cinéma : Une enfance normale dans une famille normale.
Le seul petit bémol pour Jonathan est l’école. Il a du mal à retenir et est très lent, il doit redoubler le CP. Les autres enfants commencent à se moquer de lui. Ce sera le début du processus qui le mènera à l’âge de seize ans à la prise d’une décision lourde de conséquence.
Pendant toutes ses années de petite école et ses débuts au collège, les moqueries sur sa lenteur, son physique et même son nom de famille seront son quotidien mais parfois un instituteur s’intéresse à lui et le fait même progresser en lui donnant un peu de son temps grâce à des cours supplémentaires. Mais hélas beaucoup d’autres le laissent totalement invisible à leurs yeux. Peu à peu, les railleries font place aux insultes et aux coups sans que le corps enseignant, assistant parfois aux diverses maltraitances, prennent les choses au sérieux. La honte submerge Jonathan, il ne peut jamais en parler réellement à ses parents et la peur omniprésente sous la forme d’une boule géante au fond de lui, l’empêche de se défendre. Il vit son calvaire de l’intérieur, seul.
Pendant six longues années, sa seule défense est le silence et aucune plainte ne sort de sa bouche. Son enfermement est total et pour le monde familial, il passe pour un solitaire mais pour le monde scolaire c’est un souffre-douleur.
Un matin, l’année de ses seize ans, c’est la journée de trop ! Les rackets il connaissait mais cette fois-ci, des jeunes d’une vingtaine d’années croisent son chemin et son destin. L’ultime menace qui déclenche chez Jonathan la décision de mettre fin à sa vie est arrivée !
Jonathan, avec un très grand courage, nous montre le revers de la médaille du monde de l’enfance. Son innocence bafouée, maltraitée, insultée et piétinée uniquement parce qu’il était différent. Jonathan découvre et vit l’injustice du délit de l’anormalité.

Les témoignages

Ses proches témoignent chacun leur tour. Chacun explcondamne-à-me-tuer-destinique comment il a ressenti l’appel au secours et l’acte de désespoir de Jonathan. Vanessa, sa sœur et sa confidente s’en éloigne, sa mère se « bourre » d’anti-dépresseurs, Aurélie sa deuxième sœur explique qu’elle n’a jamais su créer de liens avec son frère et qu’elle n’y arrive pas plus aujourd’hui, son père, qui avait lui aussi tenté de se suicider est accablé par le regret ne pas s’en être lui-même rendu compte.
En plus de sa famille, Fabienne, sa « sauveuse » commente sa relation et son attachement pour lui. Alexandre est un patient du même centre hospitalier que Jonathan, il est soigné pour dépression. Tous deux se rapprochent et se confient l’un à l’autre. Cette relation l’aide à remonter la pente…
Tous ces témoignages sont entrecoupés de petits chapitres sur l’histoire décrite par Jonathan.
Les témoins de cette histoire, nous livrent sans aucune retenue, leurs émotions et leurs ressentis sur l’horrible drame qui s’est joué un beau matin de leur vie. Tantôt victime, tantôt spectateur, chacun préserve ce lien d’amour au sein de cette famille. Le geste de Jonathan bouleverse leur vie à jamais et les séquelles physiques et morales sur chaque membre de cette famille sont à jamais indélébiles.

Une triste réalité

Ce livre est bouleversant et l’auteur fait preuve d’un immense courage pour nous raconter ce qu’il a vécu. Le monde de l’enfance et de l’adolescence nous apparait bien cruel et sous couvert de ses mots, malheureusement bien réels. L’écriture de ce livre est d’une simplicité extrêmement riche en émotions. Les différents narrateurs nous font vivre de l’intérieur leurs questionnements et leurs points de vue sur cette tragique histoire. Il est vrai que bien souvent on se dit : « cela n’arrive qu’aux autres » mais à la lecture de ce livre, une petite voix résonne : et si c’était notre enfant ?
Mais l’autre question sous-jacente est : pourquoi le corps enseignant n’a-t-il pas réagit ?

Espérons que peu à peu, grâce à ce livre, la voix des enfants et adolescents brisera le mur du silence qui entoure ces actes odieux. Chaque parent et enseignant, mais surtout chaque adolescent devrait lire ce livre et en parler autour d’eux afin que Jonathan soit récompensé pour son courage mais surtout pour que cela n’arrive plus jamais.

Françoise Engler

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *