Un Dimanche coup de cœur avec Oldelaf et Jérémy

Oldelaf, de son vrai nom Olivier Delafosse, est un « chanteur qui fait rire » et non un humoriste comme certains essaient de nous le faire croire.
Oldelaf a commencé sa carrière de chanteur et musicien à la fin des années 90 au sein du groupe les Petits Humains devenu par la suite Caméléon puis malgré une petite pige chez les Fatals Picards, pendant dix ans, il a constitué avec Monsieur D un duo hilarant avec des Chansons cons pas si idiotes que ça mais très inégales. Puis vient L’album de la maturité qui commence à ressembler à ce que fera Oldelaf en solo dès 2010 avec ses albums Le monde est beau et Dimanche.

« La chanson est ma maison, l’humour est ma résidence secondaire ; je me sens chez moi dans les deux. »

Un chanteur et sa bande

Si Oldelaf s’est lancé dans une carrière solo, il n’aura jamais cesser de s’entourer, de fédérer, de raconter des histoires drôles et de nous surprendre par ses choix musicaux et de mises en scène. Qui a déjà vu Oldelaf en concert se souvient forcément du « tube » d’Oldelaf qui fait mourir de rire le public et qui n’est pas forcément le succès qu’on attend lorsqu’il le présente.

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Cet humour décalé est la force d’Oldelaf et ce qui nous fait adhérer aux projets du chanteur puisqu’il a réussi à financer nombre de projets grâce au crowdfunding. Il réunit assez d’internautes pour financer le clip de la chanson qui l’a fait connaître « La Tristitude », puis il demande de nouveau de l’aide à son public pour payer la captation DVD de son spectacle au Trianon. Cette communion avec son public, Oldelaf la met de nouveau à l’épreuve lors de la préparation de son dernier opus, Dimanche, puisqu’il propose nombre de contre-parties comme un concert dans la maison du plus gros contributeur ou un concert privé à Paris pour de nombreux contributeurs en échange du financement de l’enregistrement de son album. Les 50 000 euros sont récoltés et Oldelaf peut enregistrer son dernier album, probablement le plus mature et le plus abouti grâce à son public, cette bande qui le suit où qu’il aille et qui est ravie de retrouver les frères Berthier (Julien Breton et Alexandre Zapata), Jacques F. (Victor Paillet) et Amaury Cantet (Fabrice Lemoine) dont les sketchs sur et entre chaque chanson rythment des concerts toujours au top !

« Mon but est de faire rire en disant des choses qui ont du sens. »

Dimanche, un titre évocateur

Ce titre a plusieurs connotations, tout d’abord, il fait référence à celui qui l’a révélé auprès du très grand public à savoir « Monsieur Michel Drucker » comme il le nomme dans ses chansons. Ce découvreur de talents a eu le nez fin en invitant Oldelaf dans son émission « Faites entrer l’invité » sur Europe 1, d’abord ponctuellement puis de plus en plus régulièrement avant de le faire également asseoir dans le canapé rouge du dimanche sur France 2.


Mais surtout, sur les 13 chansons que compte l’album, deux portent le mot « dimanche » dans le titre : « Joli dimanche » et « Le dimanche après-midi » qui sont symptomatiques de l’univers décalé d’Oldelaf. Le fameux « Joli dimanche » fait référence à une histoire d’un soir qui au final tourne mal, « Le dimanche après-midi » fait allusion à la balade dominicale à laquelle se livrent de futurs héritiers auprès de leurs aïeuls… La force d’Oldelaf réside justement dans les chutes de ses chansons. Si certaines sont très claires dès le début, d’autres comme les deux chansons du dimanche se terminent par un twist qui fait sourire et contraste avec le ton ou enjoué ou mélancolique de la chanson comme pour « La belle histoire » qui raconte l’histoire d’une femme particulièrement heureuse avec l’homme qu’elle fréquente mais la chute est redoutable… tout comme « Je suis bien » qui narre le positivisme d’un homme malgré les aventures horribles qu’il rencontre mais les raisons de cette joie se révèleront bien cruelles en fin de compte…


Sinon les jeux de mots et les sonorités peuplent les chansons d’Oldelaf qui deviennent des critiques douces et amères de notre société comme « Le bruit » remplie de jeux de mots musicaux et drôles qui n’empêchent pas une petite pique. « Kleenex », à part le refrain, ne contient que des noms de marques et la chanson repose sur des énumérations rigolotes et pourtant tellement révélatrices de notre société de consommation, sans parler de « Qu’est ce qu’on va en faire » qui évoque l’obsolescence des objets de notre quotidien. Ce quotidien, Oldelaf s’en amuse avec des chansons comme « Digicode » qui raconte l’histoire malheureuse et hilarante d’un homme à la recherche d’une fille mais dont un digicode complique la tâche, « Nos jours heureux » raconte l’histoire d’un couple qui part en vacances pleine de clichés révélateurs de notre nouveau mode de vacances ; « Je ne sais pas » raconte également la vie d’un couple qui a dû mal à se comprendre. « Ca changera rien » offre aussi une petite diatribe sur notre vie de couple qui finalement se termine toujours de la même manière sans parler de « Je mange » qui montre le chemin qui mène de la boulimie à l’alcoolisme… Pas très joyeux comme thème pourtant la musique est plaisante voire même festive et le propos semble léger nous permettant de l’écouter les dimanches après-midi…

Malgré des histoires qui ne finissent pas toujours bien, la musique festive ou légère et l’humour parsemé dans les paroles permettent de ne pas déprimer non plus à l’écoute de ces chansons mais plutôt d’esquisser un sourire et d’en redemander. Et si « Stockholm » qui ne parle pas de la capitale de la Suède, peut mettre certains mal-à-l’aise, elle n’en demeure pas moins très intelligente dans l’écriture.

Jérémy Engler

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