Un vent de cendres de Sandrine Collette, un récit haletant malgré un suspens trop absent

Pour son deuxième roman, après Des nœuds d’aciers, Grand prix de littérature policière en 2013 et trophées 813 du meilleur roman francophone, Sandrine Collet, invitée des Quais du Polar 2015, nous souffle Un vent de cendres étonnant. Sandrine Colette partage sa vie entre l’université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Son attachement au monde rural fait se dérouler son deuxième roman à la campagne lors des vendanges. Son style efficace et plaisant ont permis à son deuxième ouvrage d’être sélectionné pour le prix des lecteurs Quais du Polar/20 minutes 2015 qui sera dévoilé le 28 mars 2015..

Un suspens mal dosé

Le début du livre est déconcertant car il n’a rien à voir avec la 4ème de couverture. Une autre histoire nous est racontée. La 4ème de couverture nous laisse entrevoir l’histoire de Camille et de son jeune frère Malo disparu en faisant les vendanges avec elle. Mais à l’ouverture du livre, on découvre l’histoire d’Andreas, Octave et Laure. Déstabilisé, le lecteur dévore les pages pour comprendre et il n’est pas déçu puisque la petite bande a un accident de voiture qui coûte la vie à Laure que les deux autres vénéraient et défigure les deux hommes, faisant en plus d’Octave un « boiteux ».
Une fois l’accident raconté, on fait un saut dans le temps, et on comprend que cette histoire est vieille de plusieurs années. Commence alors l’histoire de la 4ème de couverture avec les vendanges de septembre. Camille et Malo donc arrivent dans un domaine possédé par Octave et Andreas qui ont survécu à l’accident. Camille ressemble de manière troublante à Laure. Octave, qui est le seul à se montrer, est donc happé par elle et cette attitude dérange particulièrement Malo car il trouve le propriétaire louche, dérangeant et malsain. Ainsi la tension entre les deux va monter d’un cran jusqu’à la « mort » et non la disparition de Malo. Grâce – ou à cause de – la 4ème de couverture, on sait que Malo disparaîtra mais on ne sait pas comment, ainsi, il aurait été intéressant de faire disparaître Malo sans nous expliquer comment afin que le lecteur ne sache pas si Malo est mort ou en fuite comme le pensent tous ses compagnons, à l’exception de Camille. Mais plutôt que de nous ménager un suspens, on sait directement comment il est tué et même si l’identité de l’assassin n’est pas clairement dévoilée, on devine assez aisément qui l’a tué. Ainsi, le lecteur n’est pas dans l’angoisse ni dans l’attente de savoir ce qui est arrivé à celui que tout le monde croit disparu. Donc on attend juste le moment où Camille finira par trouver LA preuve qui incriminera le coupable aux yeux de tous. Mais le suspens est complètement absent puisqu’on se doute qu’elle va découvrir la vérité et le thriller perd un peu en intensité. Cette intensité est retrouvée et le suspens nous rattrape enfin dans le dernier chapitre.
Il est dommage que le suspens ne soit pas plus présent car cette histoire avait un potentiel incroyable.

Un récit haletant

Malgré le manque de suspens, on est pris dans l’histoire. Le réalisme dont est emprunt le texte nous attire et nous permet d’entrer dans cette historie. On sent la labeur des vendangeurs, l’odeur du raisin, de l’alcool, de la forêt, l’ambiance festive et avinée mais aussi le malaise et l’histoire d’amour autour de Camille, la belle blonde et Octave, la bête défigurée. Elle est fascinée par son regard et semble prête à faire abstraction de sa balafre pour l’aimer, le temps d’une semaine. Leur relation rappelle celle de La Belle et la Bête comme le souligne l’auteure sauf qu’ici la fin est plus tragique. La bête ne devient pas un prince charmant et suite à la disparition de Malo, leur historie prend l’eau, notamment car Camille décide de rencontrer Andreas qui ne voit jamais personne et qui terrifie Octave. Octave, effrayé par son ami, empêche Camille de le rencontrer pour poser des questions sur la disparition de son frère mais passant outre les interdictions et les avertissements, elle entreprend de parler à Andreas et découvrira le terrible secret de cette âme brisée par l’accident qui a couté la vie à sa femme.

Malgré l’absence de suspens concernant le crime, le livre réussit à maintenir le lecteur en haleine et à le captiver. La fin est remarquablement bien amenée et saura vous surprendre…
Mais cela sera-t-il suffisant pour gagner le prix des Lecteurs Quais du Polar/20 minutes 2015 ? Réponse le 28 mars 2015 !

Jérémy Engler

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