Une BD historique française sur la Royal Navy, forcément un coup de cœur pour Jeremy

Quand des Français écrivent et dessinent la Royal Navy durant la Révolution Française, cela donne HMS, Les Vaisseaux de Sa Majesté, une Bande dessinée historique et dynamique qui serait presque le signal que Trafalgar est pardonné.
Pour le graphisme de cette saga, on retrouve le dessinateur Johannes Roussel, né le 13 mars 1963 en Allemagne mais qui est de nationalité française. Roussel a commencé sa carrière de dessinateur de BD dans les années 1980 dans le fanzine ZIIIP. En 1988, il fait la connaissance de Roger Seiter et de Claude Guth, avec lesquels il publiera ses premiers albums Après un si long hiver – Alsace 1789 en 1989 et Les Zurichois en 1991. Puis il ne publie plus rien avant de travailler avec Roger Seiter sur la série HMS en 2004. Il apporte un graphisme soigné, clair et agréable qui rend la lecture de cette bande dessinée assez agréable. Il faut également souligner le réalisme qui est apporté aux décors, aux costumes et aux coiffures d’époques, ce qui fait de HMS un univers vraiment immersif.
Coté plume, la série HMS est signée par Roger Seiter donc, scénariste de bande dessinée né en 1955 à Strasbourg. Il signe le scénario de son premier album en 1989 avec Johannes Roussel dans Après un si long hiver. Il est aujourd’hui l’auteur de près de 50 albums de BD. Il a collaboré avec de nombreux dessinateurs au cours de sa carrière. HMS n’est pas sa première bande dessinée historique, puisqu’il avait travaillé sur la série Les Colombes du Roi-Soleil, avec Mayalen Goust

Une grande saga historique

9782203019263La saga HMS est découpée en 6 tomes tous édités par Casterman dans la collection Ligne d’horizon. : Les Naufragés de la Miranda, 2005, Capturez la Danaë !, 2006, La morsure du serpent, 2007, Le mystère de la Perle, 2008, Les Pirates, 2010, Le sang de Caroline, 2011.
Au-delà de sa particularité d’être une œuvre française traitant de la marine anglaise, HMS couvre en fait plusieurs styles. C’est tout d’abord une bande dessinée historique puisque le premier tome commence en septembre 1795, pendant la Révolution Française alors que la France et la Grande Bretagne sont en guerre. Le dernier tome quant à lui commence en 1797 lors de la déportation des Garifunas par les anglais sur l’Ile de Roatàn face au Honduras. Comme souvent dans la littérature historique, cette saga arrive facilement à nous plonger dans l’ambiance qui encadre et entoure de grands événements historiques, comme la crainte du retour de la Terreur dans la France de 1795 ou encore la situation tendue aux Antilles à la suite de la Révolution qui a amené les esclaves et une partie de la population locale à vouloir suivre les idéaux de la liberté. L’exemple des Garifunas est particulièrement recherché puisqu’il s’agit du métissage entre des esclaves africains évadés (les nègres marrons) et les autochtones (Caraïbes et Arawaks), métissant certaines traditions africaines avec la culture caraïbe. Leur nom signifie « mangeur de manioc » en arawak. En 1795, influencés par les idéaux républicains de la Révolution française (via Haïti), et poussés par le soutien de Victor Hugues depuis la Guadeloupe et de ses corsaires, les Garifunas attaquèrent les Britanniques, alors maîtres de l’île. La guerre dura dix-huit mois mais en 1796, les Caraïbes noirs furent vaincus. Les autorités britanniques décidèrent alors de déporter cette population belliqueuse. 5 000 Garifunas furent embarqués dans huit navires. En avril 1797, 2 026 hommes, femmes et enfants furent débarqués sur l’île de Roatán, en face des côtes du Honduras. Ils quittèrent l’île, trop petite, pour s’installer sur le continent. Ils fondèrent plusieurs villages, comme Livingston en 1806 sur la côte atlantique du Guatemala.

Une Royal Navy qui mène l’enquête

album-page-large-13002HMS est également une série consacrée à la Royal Navy et l’univers maritime de la BD est particulièrement riche, détaillée et réaliste. Les auteurs ont inséré de temps à autre des expressions typiquement anglaises dans la langue de Shakespeare pour renforcer encore plus l’immersion dans cet univers. Le coté naval de l’histoire a lui aussi été très recherché, aussi bien sur le plan des manœuvres que de la vie sur les navires de guerres. On se croirait presque dans Master and Commander de Patrick O’Brien. Un exemple particulièrement frappant de cette recherche est la façon dont le docteur Fenton se retrouve à bord d’un navire de guerre au début de l’histoire. En effet, il est loin d’y être de son plein gré puisqu’il a été victime de « limpressment ». Cette méthode de recrutement était en fait une véritable chasse aux marins en Grande Bretagne, où ils étaient arrêtés et amené de force pour servir de force sur les navires du roi. Parfois, hélas comme ce fut le cas pour le docteur Fenton, des gens qui n’avaient rien à voir avec le monde de la mer, des « terriens » étaient eux aussi emmener de force pour compléter les quotas.

Enfin la série HMS a également une dimension policière. Le docteur Fenton, en plus de sa qualité de médecin enquête souvent pour le compte de l’amirauté. Cela ajoute une grande dose de suspens et de mystère à la lecture de ces 6 tomes et infuse un rythme assez important à la lecture. C’est pourquoi, HMS est une bande dessinée particulièrement agréable à lire, que l’on soit un fan de la Royal Navy ou non. En bonus pour les fans de la marine, on croise parfois des personnages britanniques illustres du monde de la mer, comme L’Amiral Jervis qui deviendra Lord St Vincent ou encore celui qui à cette époque n’est encore que Commodore avant de voler vers une plus grande gloire, Horatio Nelson.
HMS, une bande dessinée que l’on a du mal à lâcher et un vrai coup de cœur dont on ne regrette qu’une chose: il n’y a que six tomes.

Jeremy Young


Merci à Shark Mako pour sa collaboration.

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