Une journée riche pour l’ultime samedi du festival du film court de Villeurbanne

Un samedi riche au festival du Film Court de Villeurbanne, entre rencontres avec des professionnels du cinéma, des réalisateurs, des courts-métrages et la soirée du palmarès, la journée fut intense au Cinéma le Zola, petit aperçu de ce qui s’est passé ?

La scénariothèque : une réunion au sommet

Afin d’aider les jeunes auteurs et producteurs à mieux appréhender le monde du cinéma et ses subtilités professionnelles, le Zola proposait ce samedi 22 novembre la Scénariothèque, espace d’échanges autour du processus de création. Pour cela, deux animateurs : Marie Le Gac, responsable du Bureau des Auteurs à Rhône-Alpes Cinéma ; et Morad Kertobi, responsable du court métrage au CNC, ainsi que trois auteurs-réalisateurs : Hadrien Bichet (Ne parlez pas d’amour), Philippe Lasry (Chat) et Jean-Charles Mbotti Malolo (Le sens du toucher).

L’important, c’est de participer

le_sens_du_toucher_afficheLes auteurs-réalisateurs avaient divers conseils à donner, dont le principal était « il n’y a pas de règles ». Cependant, il faut quand même retenir que « le plus important, c’est de définir le sujet dont on parle, le plus précisément possible : à partir de là, on peut écrire le scénario ». D’autant plus pour Jean-Charles Mbotti Malolo, puisque « dans l’animation, on n’a aucune marge de spontanéité : tout est écrit et calculé parce qu’on n’a aucune marge d’erreur, surtout par rapport au budget ». Afin de ne pas se « planter », il faut aussi se faire relire par des professionnels, car « ce qui est très important, c’est d’être un bon scénariste ou d’avoir un bon scénariste, mais surtout d’avoir un bon lecteur, qui va poser les questions qu’on n’a pas envie d’entendre ».

« Elle a dit ‘‘ok, je préachète le film, mais ce film, c’est de la merde’’ (rires) »

Cette rencontre a permis de se rendre compte des difficultés techniques de la réalisation d’un scénario. La plus grande difficulté de l’écriture est de savoir « faire la différence entre l’écriture pour soi et l’écriture à partir de soi ». En effet, le CNC voit beaucoup de projets trop personnels, qui ne communiquent rien au public, ou en tout cas à la commission. On pourrait se récrier : la commission ne voit que des scénarios, et ne juge donc pas l’angle esthétique, mais il faut avoir à l’esprit qu’« écrire, c’est déjà un acte de réaliser ». Préférer un HLM à une maison bourgeoise crée une histoire nécessairement différente. Et surtout, « c’est la proposition de point de vue qui est le plus important en commission ».
En fin de compte, le public est ressorti très content de cette rencontre très intéressante, plongé dans les subtilités de l’écriture d’un scénario et de sa réalisation. Cette discussion a permis à de jeunes scénaristes en herbes de rencontrer des réalisateurs déjà confirmés, dans un esprit de convivialité et de simplicité. Et avec surtout une ligne de fond importante : « faire un court-métrage, c’est très formateur », même s’il est très difficile d’avoir des subventions pour un domaine si peu commercial.

Willem Hardouin

Le jour de gloire - Bruno Collet
Le jour de gloire – Bruno Collet

La première guerre sous l’œil des courts pour la session Les courts du réels

Un programme autour d’un thème : celui de la 1ère guerre mondiale. Avec le centenaire cette année, c’est l’occasion de revenir sur cette terrible histoire, sous différents angles : Animation ou images réelles, fiction ou réalité. Dans tous les cas, un bel hommage.

Une animation au-delà du réel

Sur les cinq, deux sont des films d’animations : De si près de Rémi Durin et Le jour de gloire de Bruno Collet. Deux animés pour une grande émotion, paradoxalement plus forte que dans les trois autres courts de la sélection.
Dans le premier, un grand-père se voit projeté dans ses souvenirs de la grande guerre, lors d’une ballade a priori banale dans un parc après la pluie. Un graphisme simplement somptueux pour ce court qui révèle de la difficulté d’oublier et de revenir à la vie normale après un tel drame. Dans le second, Le jour de gloire, on suit l’histoire d’un homme, dans les tranchées, la veille de sa mort. Un film violent et bouleversant, là aussi graphiquement très intéressant.

De si près - Rémi Durin
De si près – Rémi Durin

Des fictions basés sur un après

Tandis que les films animés nous montrent la guerre en elle-même et sa violence, les autres sont eux centrés sur l’après et sur les moments sous-jacent de cette guerre.
Dans La bibliothécaire, une femme reçoit une lettre d’un illustre inconnue, venue des tranchées. S’en suit une relation épistolaire, dont l’issu pourrait en surprendre plus d’un. Ensuite, avec Face, on voit le retour d’un homme auprès de sa famille. Mais celui-ci à quelque chose de changer…
Enfin, avec Le puits, on assiste à la rencontre entre deux hommes, un français et un allemand, autour d’un puits. Une relation particulière s’installe alors.
En résumé, un programme riche en émotions, qui aborde la question de la première guerre mondiale avec des points de vus variés, tous riches d’une force particulière. Avec la soirée de remise de palmarès hier, retrouvez aujourd’hui dès 14h30 la projection des films récompensés, l’occasion de découvrir les petites merveilles que vous avez manquer !

Marie-Lou Monnot

Face - Christophe Deram
Face – Christophe Deram

Et enfin, pour clore cette journée, le moment que vous attendiez tous, le palmarès du festival et c’est sans surprise comme nous le présentions dans notre article sur le premier programme en compétition, c’est le film de Nicolas Lasnibat Tout ce que tu ne peux pas laisser derrière toi qui remporte le prix du public. Les autres lauréats sont des films que nous avions plébiscités dans nos critiques tels que Rhino full throttle d’Erik Schmitt qui remporte le prix de la Région Rhône-Alpes. Stella Maris de Giacomo Abbruzzese remporte le prix des Industries Techniques du Cinéma Rhône-Alpes à la meilleure production et reçoit la mention spéciale du jury du Prix Format Court. Bien qu’excellent, nous ne pensions qu’un court animé gagnerait le Grand Prix du festival et pourtant, La casserole d’Anatole d’Eric Montchaud est la grande gagnante de la soirée. Pour découvrir le palmarès complet du festival, rendez-vous sur le site internet du festival.

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