Une rencontre dominicale pour ce dernier jour de Mode d’emploi avec Marin Karmitz

Il y a mille et une façons de penser une collection. Comment se constitue t-elle ? Quel rapport entretient le collectionneur avec ses acquisitions ? Dans une thématique qui résonne avec l’exposition en cours, Le Musée des Beaux Arts en partenariat avec la Villa Gillet donne la parole au réalisateur et producteur Marin Karmitz dans le cadre du festival Mode d’Emploi.

« Passeur » « Dialoguiste »

« Je n’aime pas du tout le mot collectionneur » commence Karmitz. Son intérêt dans la collecte d’objet d’art ne se définit pas comme une accumulation. Il préfère le mot « dialoguiste » plutôt que collectionneur pour spécifier son activité. Sa curiosité se tient dans le rapport que les œuvres entretiennent entre elles, à l’histoire, à lui même et avec le monde.
« Il faut avoir un grand nombre d’images pour comprendre combien un artiste avance peu à peu dans son art ». Il utilise la métaphore de la maison pour montrer ce long processus de création. Pierre par pierre, la collection se constitue et s’enrichie au fil des années.
« Je me fais des accrochages pour mon plaisir pour voir ce qui fonctionne ensemble », « je change et en ce moment j’ai réalisé un accrochage sur la nuit ». Sa collection ne reflète pas des rapports fixes, il l’explore continuellement.

Un recueil intime

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Loin des collectionneurs obnubilés par la valeur fiduciaire des objets, Karmitz ne consent que de « vivre avec quelque chose qui nous touche ». « Je suis passionné par la création humaine ».
« Toutes les collections sont des autoportraits ». « Je vois quelque chose, j’ai envie de vivre avec ». Ainsi, la constitution de sa collection se fait d’une manière impulsive. « J’achète des œuvres seulement avec le contact physique ». Ce n’est qu’après l’achat qu’il va réfléchir à son rapport à l’œuvre. « J’aime exposer car ça me permet de comprendre pourquoi j’ai acheté cette œuvre ».
L’invité focalise notre attention sur sa compilation de photographies. Chaque photo est directement reliée à lui et représente une mémoire, une histoire fragmentée de Marin Karmitz. « J’ai beaucoup d’autoportraits, presque de tous les artistes, je n’ai pas fait exprès »
« Je vis avec les œuvres, une collection doit être vivante car c’est une histoire personnelle ».

Notion de collection

La modératrice du colloque crée un lien avec la collection de Jacqueline Delubac et demande à Karmitz quelle est son œuvre préférée dans l’exposition et s’il voudrait en acquérir une d’elle. Chaque collectionneur associe sa propre sensibilité à la collection. Pour Karmitz, le fondateur de la société MK2, « on ne doit pas seulement aligner les œuvres mais partir des œuvres et leur donner leur espace ».
N’y aurait-il jamais de fin à l’acquisition d’œuvres d’art ? « Une collection meurt si elle ne s’enrichie pas ». Il semblerait que le simple fait d’établir des dialogues entre les œuvres, comme le fait Karmitz, donne un nouvel angle de vu à une collection.

Le festival Mode d’Emploi, c’est fini ! Mais le Musée des Beaux Arts de Lyon vous invite à découvrir au plus vite l’exposition « Jacqueline Delubac, le choix de la modernité. Rodin, Lam, Picasson, Bacon » Jusqu’au 7 février 2016, venez découvrir une vision féminine de l’idée de collection par la découverte de chefs d’œuvre de l’histoire de l’art.

Tristana Perroncel

Une pensée sur “Une rencontre dominicale pour ce dernier jour de Mode d’emploi avec Marin Karmitz

  • 1 décembre 2014 à 22 h 43 min
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    Il faut absolument que je renne le temps d’aller voir l’expo « Jacqueline Delubac » 🙂

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