Une soirée sous le signe des suffragettes

Le festival Ciné O’Clock a ouvert samedi 6 février sa 21éme édition, avec en avant-première exceptionnelle la diffusion de Lady in The van, avec dans le rôle-titre la plus emblématique des actrices britanniques, Maggie Smith. Après cette première soirée qui affichait plus que complet, la deuxième soirée du festival était une carte blanche, dirigée par les mains de maitre de L’association Pour le cinéma. Une soirée placée donc sous le signe des suffragettes, ou l’occasion d’en découvrir plus à propos de ces femmes d’exceptions…

Un film, mais pas que !

L’association Pour le cinéma avait donc en amont du festival le devoir de choisir un film. Une fois ce choix fait, Les Suffragettes donc, ces bénévoles passionnés auraient pu s’arrêter là. Mais à notre plus grand bonheur, ils ne l’ont pas fait, et se sont au contraire surpassés. Décorations, costumes d’époques, bref, tout était fait pour nous mettre dans l’ambiance avant même de découvrir le film. Puis, après une rapide présentation de leur association, les membres nous ont offert un court documentaire sur le droit des femmes dans le monde : l’occasion de découvrir les premières grandes dames, de Marie Curie à Florence Arthaud par exemple. Une très bonne, et intéressante mise en bouche. Ensuite, après le film, sur lequel nous reviendrons plus tard, l’heure était au quizz ! Une chance pour le public de gagner des places de cinéma, certes, mais aussi et surtout de vérifier ou d’enrichir les connaissances acquises au cours de la soirée. Enfin, pour conclure ce jeu, quoi de mieux que de se retrouver autour d’un buffet pour continuer à échanger et partager ? Un grand merci donc aux bénévoles qui ont tout fait pour que cette soirée se passe au mieux, et qui ont permis de remplir aussi bien nos cerveaux que nos cœurs (et nos estomacs de délicieux mets, bien sûr).

suffragettes 2

Un film en demi-teinte

Si l’ensemble de la soirée s’est donc très bien déroulé, on reste hélas un peu sur notre faim avec le film… Mais rappelons avant toute chose en quelques mots qui sont ces fameuses suffragettes : des femmes avant tout bien sûr, même si des hommes étaient aussi présents, comme on peut le découvrir dans le film. Ces femmes, qui faisait partie de l’Organisation de la Women’s Social and Political Union et qui se sont battues pour faire entendre leurs droits, particulièrement le droit de vote.  Si l’organisation a été créée en 1903, ce n’est qu’en 1918 qu’elles obtiennent justice ou presque… Le droit de vote n’était alors accordé qu’aux femmes de plus de trente ans. C’est dix ans plus tard qu’elles deviendront, sur ce point tout du moins, les égales de l’homme. Le film qui porte donc le nom de ce mouvement, tente de retracer cette histoire, par le biais d’une femme en particulier, Maud Watts. Un personnage fictif, mais qui évolue dans un contexte bien réel, entouré de personnages qui ont eux aussi bien existé. Et c’est bien là le souci majeur du film. Il balance sans arrêt entre la fiction et la réalité, entre l’histoire d’une mère et de son fils, et entre le combat féministe. Celui-ci passe bien souvent en arrière-plan d’ailleurs, et le film perd alors en force. L’actrice incarne certes bien son rôle, mais on a du mal à se laisser emporter par son histoire. On est hélas un peu perdu, sans comprendre le véritable but premier du film. Outre un scénario un peu bancal, mais toutefois intéressant, la réalisation pèche vraiment. Le cadrage est en effet tremblotant tout au long du film, rien n’est stable, et le spectateur finit par avoir le tournis. Même si l’on comprend l’intention, donner cette sensation de foule, et montrer que le personnage principal perd ses repères, ces effets ne fonctionnent hélas pas. La photographie est en revanche, elle, simplement parfaite. On ressent la chaleur de la blanchisserie, la brume de la ville, un très beau travail.

affiche-2016-22-CINE-O-CLOCKSi la soirée animée par L’association Pour le cinéma nous enchante donc entièrement, on reste un peu septique avec le film, qui a beaucoup de défauts techniques. Un film à voir malgré tout, ne serait-ce que pour sa photographie et les quelques informations données sur le combat des suffragettes. Un film à revoir le mercredi 10 février à 16h30 et le vendredi 12 février à 18h45. Et puis n’oubliez pas les autres séances, il y a plein d’autres films à découvrir. Si vous avez l’âme d’un British, courez-y !

Marie-Lou Monnot

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *