Valentin, mon amour, qui es-tu ?

Mais qui a tué Valentin ? Jeune homme discret, Valentin ne cesse de provoquer un désir sur les femmes. Peut-on faire confiance à ce nouvel arrivant ? Sa curiosité lui fera-t-elle défaut ? Des questions auxquelles Pascal Thomas le réalisateur du film Valentin Valentin répond à travers des histoires de commérages. Les portes s’ouvrent, les voisins parlent, des secrets s’échappent.

Paroles, Paroles

Quelques jeux de séduction, et des cancans insipides, on se retrouve rapidement dans une version cinématographique d’un vieux téléfilm. Pourtant, l’histoire n’est pas si mauvaise, l’intrigue pourrait être presque acceptable, mais l’auteur ne nous incite pas à la réflexion. Manque de stimulation ? Les épisodes anecdotiques s’enchaînent pourtant d’un étage à l’autre, jusqu’au bistrot du coin, sans pour autant gagner notre intérêt. Qui a tué Valentin ? Le chat, le mari jaloux, le voisin en marcel d’en face ? A vrai dire, on s’en contre fiche. On s’attache à la vieille ivre de l’immeuble, le personnage au charisme le plus apparent. Parfois, Valentin nous captive aussi. Les beaux yeux bleus du jeune trentenaire n’auront pas suffi à me rendre prisonnière de l’intrigue. Pascal Thomas, le réalisateur, n’est pas parvenu à m’enivrer de sa vision. On rentre comme l’on sort du film, même s’il est plus facile de s’enfuir. Ce sentiment est renforcé par un jeu d’acteur des plus mauvais. Des protagonistes qui sonnent faux, des musiques qui n’amènent pas au mystère de ce polar. On aimerait penser à une satire, une comédie, mais rien n’entraîne à la dérision. Les acteurs ne semblent pas croire à leur rôle, à leurs dialogues. L’ensemble du film semble être corrompu par ce manque d’authenticité.

Une fausseté attachante

Valentin, Valentin, malgré une déception constante, n’est pas déplaisant à voir. Les apparences sont trompeuses, c’est l’idée qui règne dans l’immeuble paisible où vient d’emménager Valentin. Un voisin pédophile, des amours secrets, une femme qui s’asphyxie au Gin, autant d’évènements qui vivifient la séance. On se plait à épier la vie de chaque étage, et s’imaginer les histoires de notre propre quartier. Qui est Valentin ? Pourquoi en veut-on à un jeune homme si charmant ? Mon voisin de palier est-il un assassin ? Des interrogations qui travaillent notre imaginaire mais ne le charme pas au point de valider l’aspect global de cette réalisation. Le réalisateur a échoué à rendre le spectateur omniprésent dans l’univers du film. Un sentiment continuellement extérieur à l’action, est présent. Le mystère est altéré par des plans de caméra vifs et trop clichés. Les personnages sont eux même stéréotypés. Dix années de Plus belle la vie résumé en 1h46. Rien n’est surprenant, l’auteur du crime n’est pourtant pas celui auquel on aurait pensé. Lassé de ces micro-histoires et de ces rôles trop légers, il nous est peu important de savoir qui a tué notre cher Valentin. Au final, les vies de ces habitants débitent sous nos yeux, et celle de Valentin reste si énigmatique. Ainsi, on ne se demande plus qui a tué Valentin, mais bien qui est-il réellement ?

Tristana Perroncel

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