Valérian & Laureline à Angoulême : une exposition des 9ème et 7ème arts !

Valérian de la case à l’écran est une des grandes expositions du 44ème Festival de la Bande-Dessinée qui se déroule du 26 au 29 janvier 2017 ! Elle se déroule à la médiathèque de l’Alpha, et se divise en deux parties, comme le laisse suggèrer le nom : la partie bande-dessinée, qui met particulièrement en avant Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, et la partie cinéma, qui expose en « exclusivité » des éléments du film de Luc Besson, prévu pour le mois de juillet. L’exposition relève-t-elle de l’indispensable ? Assurément.

Accordez-vous le temps de buller un peu

© Mézières / Christin / Dargaud
© Mézières / Christin / Dargaud

On arrive dans cette exposition par la partie bande-dessinée : on explique d’abord qui sont Pierre Christin, le scénariste, et Jean-Claude Mézières, le dessinateur. Une chose nécessaire car les premières aventures de Valérian datent des années 1960, et qu’il est intéressant de présenter à tout le monde ces grands hommes, dont l’un a reçu le grand prix du festival d’Angoulême.

Après le portrait des auteurs, libre à nous de découvrir les planches originales des volumes de Valérian et Laureline, et parfois avec leur script ! On assiste à tout le processus de création de certaines pages, et c’est toujours quelque chose de fascinant, que ça soit pour les initiés ou les nouveaux-venus ! Les planches peuvent venir de toutes les époques, que ça soit des débuts des années 1960 aux albums plus contemporains.

Mais l’accent est principalement mis sur le côté avant-gardiste de l’œuvre : déjà, par l’aspect science-fiction, inspiré en partie de 2001 : L’odyssée de l’espace de Kubrick… Mais qui aurait surtout « inspiré » beaucoup d’éléments de Star Wars (est par exemple évoquée la forme ovale du vaisseau de Han Solo), et d’œuvres de science-fiction ultérieures, notamment dans leur aspect graphique. Un aspect avant-gardiste qui ne se cantonne pas à l’image, mais qui se prolonge jusque dans ses thématiques : que ça doit par l’influence de mai 68, de la succession des courants politiques, ou avec un personnage féminin enfin élevé au rang de héros, l’œuvre surprend, voire choque. Les lecteurs de Pilote ont pu désapprouver ces choix, estimant que la bande-dessinée ne devait pas toucher à la chose politique. Parfois, l’aspect avant-gardiste sera un peu trop… puissant : on rapportera, à ce sujet, l’anecdote de « l’incident nucléaire de 1986 » écrit dans les années 1960, véritable prédiction – accidentelle – de Tchernobyl. Cette exposition est l’occasion de découvrir une bande-dessinée qui est finalement toujours d’actualité, car en avance sur son époque ! Et cela a fortement marqué un fan de bande-dessinée : Luc Besson.

Du Cinquième élément à la Cité des mille planètes

© EuropaCorp / Besson
© EuropaCorp / Besson

Besson était « irrité » de ce qu’il considérait comme étant un pillage – de la part de certains films – de Valérian & Laureline. Pour rendre hommage à l’œuvre du 9ème art, il avait réalisé le Cinquième élément, en sollicitant Jean Giraud, Moebius et surtout Mézières. Après le succès du film, il projette un jour d’adapter Valérian et Laureline au cinéma… Chose qu’il fera après le succès commercial de Lucy, qui lui donnera les moyens de réaliser sa prochaine œuvre : Valérian et la Cité des mille planètes.

Quand on entre dans la salle consacrée au film, tout est fait pour vous impressionner. On vous précise bien que les photos sont interdites, et on rappelle le caractère exclusif de cette exposition. La porte franchie, on est tout de suite impressionné. Les combinaisons spatiales futuristes sont criantes de vérité – ou plutôt de vraisemblance – et les autres costumes donnent cette impression de « venir d’ailleurs » alors qu’on nous précise que tout a été fait dans des locaux en France, spécialement créés pour l’occasion, pour ne pas dépendre de l’étranger. Cela nous évoque une extension du projet de la cité du cinéma de Besson, qui souhaite rendre accessible la réalisation de blockbusters en France !

Mieux, on découvre les dessins, adaptés de dessins, qui seront dans les films ! Ces concept-arts nous font réellement comprendre le processus d’adaptation de l’œuvre (adaptation de la bande-dessinée L’ambassadeur des Ombres). On saisit pourquoi ce choix et pas un autre, on découvre que les choix artistiques qui ont été faits ne sont pas toujours ceux qui sont les plus proches du matériau d’origine, et se dégage de tout cela une impression rassurante, une promesse de réussite du film, promesse renforcée par la diffusion de la bande-annonce dans la même salle, et d’une partie du making of qui nous montre la construction des décors.

L’exposition Valérian de la case à l’écran a une force : elle sait susciter la curiosité, et l’espoir. Quand on sort de la médiathèque, on a envie de s’investir dans une œuvre qui ne nous était pas connue – ou d’y replonger pour la voir d’un œil neuf. Surtout, on a espoir dans le film qui va sortir, une grande science-fiction française au cinéma qui pourrait donner l’envie aux producteurs français d’investir dans ce cinéma de genre ! Il s’agit donc d’une exposition qui parlera à toutes les générations, et qui donnera envie de redécouvrir l’histoire de la SF à la française !

Jordan Decorbez

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