Variations Citoyennes, un beau rappel des valeurs universelles des droits de l’Homme

Tous les deux ans, le théâtre de la Croix-Rousse mène un projet participatif. Ce mardi 31 mai 2016, pour cette  troisième édition nous avons découvert la pièce Variations Citoyennes dirigée par Jean Lacornerie. Le fil conducteur de la pièce Variations Citoyennes est la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (ou DUDH).

 Une trame originale, entre musique, théâtre et civisme

©Ludivine Tessier / Bloo
©Ludivine Tessier / Bloo

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a été signé le 10 décembre 1948 à Paris. Sur les 58 états présents et membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies (qui est l’un des organes principaux de l’ONU), seuls 48 pays devaient adopter cette charte. Le texte du préambule est composé de 30 articles de loi (dans la version française).

Variations Citoyennes est une pièce qui propose à son public de redécouvrir (ou découvrir pour les plus jeunes) le sens concret de ces 30 articles. Elle met également en avant les enjeux et certaines limites de cette déclaration de manière subtile et très naturelle. Cette pièce parcourt la déclaration de manière habile et intelligente. Mêlant humour, sincérité et révolte, on ne comprend que mieux les indignations des personnages.

La musique, le théâtre et ce fil conducteur sont placés sur un unique plan dans cette pièce. Ils ont tous les trois une importance primordiale puisque la musique donne une dynamique au théâtre, rendant les enchaînements de thématiques plus fluides, accentuant certaines émotions (comme le passage sur l’éducation), mais donnant aussi parfois de la légèreté entre les scènes.

Un spectacle où tout le monde est représenté

©Simon Planquois / Bloo
©Simon Planquois / Bloo

Sous la direction de Jean Lacornerie et accompagné par le Quatuor Béla, Variations Citoyennes c’est environ 200 artistes sur scène. Amateurs, professionnels, enfants, séniors, réfugiés, handicapés, toutes les classifications d’individus sont représentées. Chaque tableau, représentant plus ou moins un article de loi, permet à un petit groupe d’être mis en avant. Pour cette réalisation, le théâtre a fait appel au Centre Social Quartier-Vitalité / Quartier Pentes de la Croix-Rousse, l’école primaire Aristide Briand et le Foyer Claire Demeure pour les enfants. Pour les adolescents, deux collèges ont participé à ce projet : le Collège Georges Clemenceau et le Collège Gabriel Rosset. Pour les adultes, dix musiciens du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) ont été sollicités ainsi que
l’atelier Voix & Mouvement, De la Barre à la Scène (Ordre des Avocats + Entreprise ATS Studios ) La CATTP, Séraphine Louis, Le Vinatier, le Groupe Altea, les séniors du Quartier de la Croix-Rousse, Le Forum Réfugiés et La  Bloo (École de photographie et d’image contemporaines). Le fait de voir tant d’associations, d’individus, de rencontres sur cette scène renforce l’idée de la pièce. Elle permet également de pouvoir aborder certains sujets avec une légèreté et une sincérité qui parfois, peut ne pas être « jouable » au théâtre dans une pièce au format plus classique.

Une scénographie émouvante

© DR
© DR

Comme nous le disions précédemment, cette pièce se découpe selon des tableaux, tous représentant plus ou moins un article de loi. Chaque tableau a une énergie particulière renforcée d’une part par la compositrice  Raphaèle Biston qui a mis en musique ce spectacle, mais également par la scénographie. Il n’y a pas beaucoup d’éléments sur la scène : un cadre blanc ainsi que le Quatuor Béla (présent tout le long de la pièce). Il y a également des contrastes entre les tableaux, mêlant projections vidéos, chants, théâtre plus traditionnel, satires d’émissions de télévision, etc. Au niveau des costumes, l’absence de codes précis renforce la proximité entre le public et la scène, forçant le public à se questionner sur la remise en question de cette déclaration dans plusieurs pays/états du monde et d’ores et déjà depuis 1948 (citons par exemple l’Afrique du Sud de l’apartheid qui avait refusé l’affirmation au droit à l’égalité devant la loi sans distinction race).

Cette pièce est donc une brise d’humanisme qui apaise le temps d’une heure et demie, les climats et les tensions du « monde extérieur » nous rappelant la première préoccupation que nous devrions tous avoir : L’humain au premier plan.

Camille Pialoux

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