La Vengeance dans la peau avec Le Comte Monte-Cristo

Du 5 au 28 juillet 2019, dans le cadre du festival Off d’Avignon, le Théâtre des Gémeaux accueille Le Comte de Monte-Cristo de la compagnie Les âmes libres, mis en scène par Richard Arcelin et nous plonge dans l’extraordinaire aventure d’Edmond Dantès, devenu Comte de Monte-Cristo pour se venger !

Une pièce feuilleton

© D.R
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Transposer une œuvre comme celle de Dumas au théâtre représente évidemment un grand challenge. Comment faire tenir près de 2000 pages en 1h30 ? La compagnie Les âmes libres et son auteure Véronique Boutonnet réussissent à donner vie à toute la tension qui habite le personnage d’Edmond Dantès. Dans ce texte, l’accent est surtout mis sur la construction du personnage du Comte de Monte-Cristo, ses autres déguisements sont un peu laissés de côté, pour se concentrer sur sa vengeance et ses tourments. La pièce commence avec le Comte de Monte-Cristo qui visite le Château d’If où il fut emprisonné et qu’il vient de racheter. La servante du logis lui fait visiter les geôles et le comte se souvient de son emprisonnement. On alterne donc les flashbacks et les réactions d’Edmond à ses souvenirs.

Chaque épisode correspond à un moment clé de la vie du personnage. Comme Dumas, qui avait d’abord publié son roman sous la forme de feuilleton, la pièce nous livre petit à petit, épisode par épisode, des bribes d’intrigue. Avec les flashbacks, on passe des moments au cachot en compagnie de l’abbé Faria, son mentor qui lui fera prendre conscience de bien des choses et l’éduquera tel un père, aux moments de trahisons dont il fut la victime. À nous de reconstituer le puzzle de la vie du comte alors que Dumas est plus linéaire dans son récit. Ceci dit, cela maintient le suspens et permet de bien cerner le personnage d’Edmond Dantès et son évolution. Toutefois, pour nous aider, les comédiens nous disent les années auxquelles se déroule chaque événement, afin de nous situer au mieux la chronologie, tout en précisant que ce n’est pas nécessaire à la compréhension.

Si plusieurs personnages secondaires disparaissent, par souci de temps, l’intrigue respecte vraiment le récit d’origine et rend grâce à son héros et sa vengeance, mais laisse un peu de côté sa bonté d’âme et sa générosité, notamment avec la disparition de la famille Morel.

« Le crime est entré dans votre maison… »

© luca lomazzi
© Luca Lomazzi

Efficace et percutant, comme Monte-Cristo !

La mise en scène de Richard Arcelin est très épurée, peu de décors, tout repose sur les lumières qui jouent beaucoup sur l’obscurité pour créer un climat inquiétant et nous happer dans cette intrigue. Le jeu sur l’obscurité permet aux personnages de disparaître tout en restant sur scène, la force des autres comédiens fait qu’on oublie totalement la présence du troisième comédien alors qu’il ne quitte jamais tout à fait le plateau. Luca Lomazzi, Franck Etenna et Véronique Boutonnet incarnent chaque personnage avec puissance et émotion. Ils ne sont que trois pour interpréter la vingtaine de personnages de la pièce, mais grâce à la modification du timbre de voix et à des costumes réversibles et modulables, le changement d’identité est rapide et dynamique. On n’en perd pas une goutte et la pièce avance à une vitesse folle.

© Luca Lomazzi
© Luca Lomazzi

Le Comte de Monte-Cristo vous envoûtera et vous guidera dans son univers, à la découverte d’un homme ravagé par la vengeance et pourtant plein d’humanité. Ce spectacle vous laissera pantois tant la présence du Comte est imposante et tant les comédiens sont excellents !

Jérémy Engler

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