Vie et mort de  Mère Hollunder

Hier soir, L’Envolée Culturelle était au Théâtre de Villefranche afin d’assister à Vie et mort de Mère Hollunder, mis en scène et en lumières par Jean Bellorini. Le texte et le jeu sont de Jacques Hadjaje, et c’est à voir encore ce soir, mercredi 6 novembre au théâtre de Villefranche à 19h30. Puis jeudi 7 novembre à 20h à la salle des fêtes de Claveisolles, et vendredi 8 novembre à 20h à la salle des fêtes de Saint-Romain-de-Pope. (Image mise en avant Vie et mort de Mère Hollunder © Pascal Victor)

N.B. : Article à lire en écoutant Casta Diva de Bellini.

Les retrouvailles

Arrivés.es au théâtre, nous rentrons dans la salle, le public est attendu. Impatients.es de voir ce spectacle, nous reconnaissons immédiatement la  »pâte » de Jean Bellorini. Deux chaises, un escalier qui mène nulle part, cinq poules (fausses, bien sûr) qui picorent et un miroir qui nous fixe quand le comédien nous tourne le dos. Il démarre au quart de tour, d’un grand coup et annonce le début du spectacle. À ce moment, nous faisons la rencontre de Mère Hollunder, « avec deux ailes sinon avec une comment que je pourrai voler ». Une femme brute de décoffrage, avec son franc parlé venue crier sa douleur dans un silence plein de cynisme. Un clown triste qui n’a plus peur de dire la vérité crue, la vérité nue.

Ce personnage de la Mère Hollunder est issu de l’œuvre de Ferenc Molnár, Liliom déjà mise en scène en  2016 par Jean Bellorini. À cette occasion, Jacques Hadjaje interprète la Mère Hollunder pour la première fois et il en est finalement arrivé à écrire pour elle. Et les paroles qu’il nous délivre,  remplies d’humour, de cynisme, de rage, de tendresse, de mélancolie, mais également d’amour résonnent et touchent droit au cœur et à l’esprit. Une nouvelle collaboration forte et éblouissante grâce à son minimalisme et son efficacité. À mesure que l’on fait la connaissance de ce personnage charismatique, on se voit projeté à différents moments, différents lieux de la même manière que l’on parcourrait un album photos. Des instantanés de sa vie, comme ses plus vivaces souvenirs qui lui reviennent sans cesse prennent forment devant nous sur scène.

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Vie et mort de Mère Hollunder © Guillaume Chapeleau

Paroles d’une femme délivrée

Véritable témoignage, elle nous raconte son histoire et remet en question la condition de la femme par ses regrets et ses révoltes ;  l’instinct de liberté contre un habitus de soumission, le sacrifice d’une vie sans amour pour la sécurité. Tous ces choix qui s’imposent à nous sont fait en accord ou en opposition à un modèle préétabli. De là, les femmes semblent prédestinées à se marier, faire des enfants et répondre aux attentes de leur mari ; tout ceci étant les signes distinctifs de l’accomplissement du rôle de la femme aux yeux d’une société patriarcale. Et comment le contrecarrer ? En disant « Non ! ». Refuser un chemin tout tracé et faire ses propres choix. 
Ce sont les dernières paroles d’une femme qui a « mangé son pain blanc », qui n’a plus rien à perdre et plus rien à prouver.

« Bon, on la prend cette photo ? Ne bougez plus du tout ! 1…2…3 ! »

 
La programmation du Théâtre de Villefranche est à retrouver ici

 

Article rédigé par Lysiane Cadeo

 

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