Visite de l’exposition « Drapé »

Que vous soyez novice en dessin ou admirateur de grands maîtres, parents en manque d’activité familiale ou à la recherche d’une sortie romantique, l’exposition « Drapé » est faite pour vous. Le Musée des Beaux-arts vous ouvre ses portes jusqu’au 8 mars 2020 pour vous faire découvrir des œuvres de leur collection et plus encore.  (Image mise en avant : ©Mba Lyon)

 ©Ninon Lardenois-Macocco

Drapé \dʁa.pe\

Le Musée des Beaux-arts de Lyon ouvre une nouvelle année sur le signe du tissu. L’exposition qui nous est présentée ici, retrace le parcours du drapé et de ses formes de représentations mais, actualise également son statut. Si cette notion est souvent associée à un temps ancien, à tort, elle n’en reste pas moins un sujet universel. L’exposition « Drapé » n’est pas une exposition uniquement sur le drapé mais sur le statut de la draperie lui-même.
Elle se présente sous forme thématique, mêlant œuvres classiques et œuvres contemporaines, choix enrichissants des commissaires. L’événement est pensé à la manière d’un parcours à travers les œuvres de grands maitres comme Picasso, Rodin ou Dürer mais aussi avec des artistes moins connus comme George Grosz, qui se trouve pourtant être une figure importante du mouvement Dada.

Le parcours

En guise d’introduction, l’exposition nous parle de la pratique d’atelier, c’est-à-dire de l’étude du drapé en dessin. La pratique d’atelier, pour parler de manière générale, est tout ce qui constitue les étapes préparatoires à l’œuvre : les recherches et les expérimentations. Cette première partie de l’exposition étudie les processus de création et les outils utilisés dans les ateliers pour représenter la notion éponyme.
Dans la deuxième partie, on nous parle du nu, étape essentielle avant de revêtir des figures. Que ça soit à partir d’un mannequin de bois ou d’un modèle vivant, l’artiste part du nu. C’est seulement à partir de cette base là qu’il peut jouer avec les formes du tissu. À noter que durant toute l’exposition, est mis en parallèle de superbes œuvres chorégraphiques répondant aux mêmes problématiques, comme celle de Martha Graham.
Dans la troisième partie, la draperie s’émancipe et acquière un statut autonome. Elle n’a plus besoin de support pour exister, c’est le vide de ses formes qui crée l’anatomie. L’exposition ouvre progressivement son sujet à des formes plus libres de représentations, tout en guidant le spectateur à travers des supports variés. 

Marie-Madeleine de Jacob Matham ©Ninon Lardenois-Macocco

La dernière partie de l’exposition est une ouverture un peu plus contemporaine sur la notion de drapé. Dès lors, quand la draperie prend forme, elle devient pli, tenture, voile, linceul ou même fantôme et son statut change. Elle n’est plus seulement le sujet représenté mais elle se transforme en objet. Que ce soit à travers une photographie, une sculpture ou bien une performance, le drapé devient actif de sa propre représentation. Les œuvres Self-portraits or The Virgin Mary de Zineb Sedira ou encore Untitled de Robert Morris, en sont de parfaits exemples. Mais cela sera pour une autre exposition…

Le mot de la fin

L’exposition est particulièrement intéressante car elle aborde ce sujet avec un certain recul et une certaine philosophie. Sujet monumental de l’Histoire de l’Art, la manière dont il est traité, par des voix détournées et audacieuses, apporte un réel renouveau à sa compréhension. 

Une fois de plus, le Musée des Beaux-arts frappe fort en proposant une exposition accessible à tous.toutes et complètement captivante.

Article rédigé par Ninon Lardenois – Macocco

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