Voyage dans les Îles de Guadeloupe avec Kaloukaera, l’île aux cannibales

L’Envolée Culturelle continue son carnet de voyage en vous invitant à l’exotisme avec la découverte d’une bande dessinée fort originale : Histoire des Îles de Guadeloupe, tome 1 Kaloukaera, l’île aux cannibales. Cette œuvre est parue aux Éditions du Signe avec le soutien de la Région Guadeloupe.

Un petit mot sur les auteurs

Le texte de cette BD est né sous la plume de Gérard Richard. Il est né en mai 1948. Ce n’est pas à proprement parlé un auteur de bande dessinée. En effet, il est avant tout archéologue et expert régional de l’UNESCO, expert en art rupestre des Petites Antilles.

Les dessins sont l’œuvre d’Olivier Brazao, né le 23 mai 1971 à Lyon, scénariste et  dessinateur de bande dessinée français. Il commence à dessiner ses propres histoires de BD dès l’âge de 8 ans en s’inspirant des classiques franco-belges et notamment d’Astérix. Il s’inspire ensuite de l’univers des comics américains, principalement Marvel. Il intègre l’école d’arts graphiques Émile Cohl de Lyon et décroche un diplôme BD et illustration. Cependant ses premières publications se tournent plutôt vers l’illustration de livres pour la jeunesse chez des éditeurs comme Nathan, Milan Presse, Hachette et Magnard. Histoire des îles de Guadeloupe n’est pas sa première participation à une bande dessinée historique puisqu’il signe en mai 2013 Histoires de la Provence – Tome 3 De l’Antiquité au lendemain de l’an mil. Le dessinateur n’est pas également étranger à l’univers exotique de par son travail sur la série Sheewõwkees.

©Richard/Brazao
©Richard/Brazao

Un bel hommage à une région trop méconnue

L’histoire et la bande dessinée se rencontrent de plus en plus souvent. C’est une chose très positive, car cela permet à l’Histoire de vivre, mais aussi de toucher un public plus large et surtout plus les jeunes. Cela donne aussi souvent un caractère plus abordable à ce sujet. C’est à ce titre que la bande dessinée cherche à nous faire connaitre l’histoire d’une région de la France à des milliers de kilomètres de la métropole. Il faut avouer qu’il s’agit d’une région dont l’Histoire est très absente des programmes de l’éducation nationale et de nos manuels d’Histoire. Une belle initiative donc pour que la Guadeloupe nous soit moins inconnue.

On pourrait penser qu’une histoire sur cet archipel commencerait avec l’arrivée des Européens. Dans notre conception très Européenne de l’Histoire c’est une bouffée d’air frais dû de s’intéresser aux populations Amérindiennes et dans le cas présent, les Karibs et les Arawaks. Ainsi grâce à cette bande dessinée il est possible d’apprendre pourquoi les hommes et les femmes ne parlaient pas la même langue, quelle était le mode de vie de ses populations, leur histoire, leurs coutumes… C’est là que l’on voit l’intérêt d’avoir un spécialiste de l’archéologie et de la Guadeloupe comme scénariste. Cela assure la très grande qualité scientifique des informations sur ce sujet. Il faut souligner que malgré tout cela l’ensemble reste très accessible.

©Richard/Brazao
©Richard/Brazao

Le tome 1 se termine avec l’arrivée des Européens dans l’archipel. L’origine même du nom Guadeloupe vient de l’Espagnol et a été donnée par le grand explorateur Christophe Colomb à la suite d’une promesse qu’il avait faite. L’île a été découverte quand il cherchait une source d’eau douce pour son équipage et vit de loin les chutes du Carbet. Cependant les Espagnols n’ont jamais réussi à coloniser cette île, car la population était trop féroce. Il nous faudra donc attendre la suite de cette histoire pour savoir comment les Européens se sont établis sur l’île et comment cette dernière est devenue une possession de la France puis un département d’outre-mer.

Il faut finalement souligner que la Région Guadeloupe utilise également ce support pour faire la promotion de l’archipel. À la fin de la BD, la page de garde et l’intérieur de la couverture sont une double page qui contient de très belles photos du patrimoine guadeloupéen, ce qui renforce l’invitation au voyage. C’est vraiment une belle initiative et une vraie mine d’informations sur une région qui reste trop souvent ignorée des programmes de l’éducation nationale ou des manuels d’Histoire.

 Jeremy YOUNG

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