Voyage au fil du temps onirico-numérique avec Ma science-fiction.

Dans le cadre du Festival Off d’Avignon 2017, la Cie Anima Motrix présente Ma science-fiction, écrit et mis en scène par Laurent Hatat. Habitué à mettre en scène autant des textes classiques que contemporains, dramatiques et non-dramatiques, Laurent Hatat propose pour la première fois un texte de sa composition au point de rencontre entre tous les futurs possibles. Une pièce à découvrir avec vos ados à Présence Pasteur du 7 au 30 juillet à 15h45 !

À l’aune du numérique

D.R.
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Alix a quinze ans aujourd’hui. En pleine crise d’orientation alors que ses parents veulent qu’il devienne chauffagiste, il s’enferme dans sa chambre avec son ami imaginaire Big robot. Il cherche par tous les moyens possibles une échappatoire à cette situation et convoque des instances supérieures. Mais voilà qu’il ouvre un portail temporel depuis son lit et laisse entrer d’audacieuses voyageuses venues du futur (à moins qu’elles ne viennent de son propre inconscient ?). Dans le microcosme de sa chambre pendant cette nuit si particulière, il va passer de l’adolescence à l’âge adulte, l’imagination sera alors le prétexte à la révélation des peurs adolescentes autour de la sexualité et servira la projection de l’évolution du monde à travers le prisme de la société des années 1980. L’époque est rappelée par petites touches dans la musique et le travail vidéo qui rappelle la pixellisation et les effets 3D Windows des premiers pas de l’ère du numérique. Nostalgie quand tu nous tiens ! La création lumière souligne les différents univers en présence dans cette chambre onirico-numérique. Face à cette déferlante du futur, Alix commence à s’interroger sur sa conception du présent. Débute alors pour lui un processus de réflexion autour de questions en germe dans les années 1980 qui auront un impact considérable dans un futur pas si lointain.

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La science-fiction, reflet de nos interrogations contemporaines

Le genre est la première interrogation qui se pose à Alix. Les êtres ayant traversé le portail temporel sont des humains dématérialisés (à moins qu’ils ne soient des intelligences artificielles) qui ont choisi dans quel corps s’incarner. Le premier en jeune femme alors que son identité première était celle d’un homme et le second en être humain androgyne, sur le fil, indéfinissable, sa voix est modulée avec des tonalités robotiques et saturées ce qui renforce l’incertitude à propos du genre. Ces deux apparitions s’incarnent à leur gré, sans relier leur identité et leur personnalité à leur sexe, comme si l’évolution globale de l’humanité était allée vers une indifférenciation des genres. Laurent Hatat va plus loin en reprenant la théorie de l’auto-engendrement chère à la littérature de science-fiction, concept qui serait le moyen ultime pour évincer les inégalités entre les sexes. Cette perspective d’un avenir dans lequel être homme ou femme n’aurait pas d’importance a de quoi déstabiliser le jeune Alix !

Dans cette pièce, d’autres thèmes majeurs de la science-fiction sont abordés. Destinée aux ados comme aux adultes, elle met en garde notre génération contre les dérives écologiques, appelle à la responsabilisation et à imaginer d’autres modèles de sociétés plus respectueux de la planète et des êtres qui la peuple.

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Engagée sans être moralisatrice, Ma science-fiction traite en creux de la catastrophe écologique qui s’annonce si rien ne change et invite à la réflexion avec une pointe de folie et beaucoup d’imagination. Les comédiens nous emmènent dans leur univers dès les premiers instants et on savoure ce moment à la frontière du fantastique, entre théâtre et science-fiction, Laurent Hatat, dans Ma science-fiction soulève nos questions contemporaines, parfois en faisant tomber le quatrième mur, et présente notre époque comme celle qui définira les valeurs qui détermineront l’avenir de la vie sur Terre. Avec la fougue de la jeunesse et le foisonnement des univers propre à la science-fiction, la Compagnie Anima Motrix nous embarque dans sa virtualité réelle. Dans une ambiance aux accents de musique rock électronique made in 1980’s, on traverse la nuit avec ces drôles de personnages qui ont tous tenté de faire bouger les lignes de l’espace-temps.

Thank you, big robot!

Anaïs Mottet

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