Wika et la fureur d’Obéron d’Olivier Ledroit et Thomas Day : « un opéra-BD » fleuri et initiatique

Le dessinateur de bande-dessinée français Olivier Ledroit est l’un des plus important du style médiéval fantastique. L’auteur de la série à succès Requiem chevalier vampire ou encore de la série Les Chroniques de la Lune noire dévoile un tout autre univers… celui des fées, dans sa nouvelle bande dessinée, Wika et la fureur d’Obéron, dont le premier tome est paru le 21 mai 2014 aux éditions Glénat.
Cette bande dessinée est scénarisée par Thomas Day, écrivain français de science fiction et de fantasy, ayant obtenu le Grand prix de l’imaginaire en 2013 pour son roman Du sel sous les paupières, aux éditions Gallimard.
Cette nouvelle histoire se construira à l’aide de quatre tomes, le premier étant Wika et la fureur d’Obéron, le deuxième Wika et les Fées noires, suivi de Wika et les Noces de givre, et enfin Wika et la Dame aux corbeaux.

Une naissance originale !

Le personnage de Wika serait né au cours d’une séance de dédicace d’Olivier Ledroit, qui a dessiné une ébauche de fée. Il faut également savoir que le dessinateur a consacré un ouvrage sur l’univers féerique intitulé Univers féerique d’Olivier Ledroit, aux éditions Daniel Maghen, en 2005.  Il n’est donc pas surprenant de voir un nouveau monde s’écrire devant nous avec Wika, qui rompt par les couleurs dorées et argentées avec l’univers des vampires présent dans la BD Requiem chevalier vampire.

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Un conte de fées

Cette BD raconte les aventures de Wika, jeune fée, enfant du duc Claymore Grimm et de la duchesse Titania. Tous deux sont tués lors d’un affrontement avec le prince Obéron, ancien amant de la duchesse, qui s’empare du château des Grimm. Le bébé Wika est confié à un garde qui doit la protéger. Elle finit son périple chez un couple de fermiers à qui elle est confiée, après s’être vue couper les ailes : à la place, des tatouages fleuris envahissent tout son corps. Treize années plus tard, nous retrouvons la jeune fée habitant dans la capitale du royaume contrôlée par Obéron, Avalon. Elle y fait la connaissance de Bran, un voleur inconditionnel, qui lui apprend à vivre dans la capitale. Sa nature féerique grandissante au fur et à mesure, Wika finit par attirer l’attention d’Obéron en personne, qui va partir à sa recherche et la poursuivre. La quête initiatique de cette fée aux puissants pouvoirs ne fait donc que commencer…
Cette bande dessinée possède ainsi le schéma narratif des contes traditionnels : un personnage principal en quête de son identité, aidée par Bran et par d’autres personnages rencontrés en chemin, poursuivi par des opposants. Le monde féérique des contes se manifeste également par la présence récurrente des fées, mais aussi des loups-garous, des trois petits cochons, de la forêt, de la nature omniprésente, victime de la technologie d’Obéron.

Par ailleurs, notons les clins d’œil des artistes concernant les noms des personnages : Claymore Grimm ferait référence à de célèbres conteurs germaniques du XIXème siècle, mais aussi à l’épée légendaire, la Claymore. « Obéron » fait référence au roi des elfes dans la littérature médiévale et Shakespearienne (Le Songe d’une nuit d’été). Les artistes s’engagent alors à une réécriture des contes de fées, en transformant le roi des elfes en tueur vengeur et cruel, non plus roi des elfes et de la nature, mais souverain de la technologie destructrice.
Bien qu’étant une réécriture de contes de fées, cette bande dessinée est cependant réservée à un public averti, connaisseur de BD, par le côté sensuel, érotique de certains passages, faisant toutefois sens avec le projet initiatique.

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Un concerto d’images et de couleurs

Wika est plus qu’une réécriture de conte : c’est un « opéra » en image. Le style d’Olivier Ledroit rend le monde des fées vivant grâce aux détails fulgurants des dessins, des expressions des personnages, des couleurs évocatrices. Les couleurs représentent différents univers et prennent elles-mêmes sens dans l’histoire. Les dessins accompagnent vraiment l’histoire, et lui donne vie, force, présence. Olivier Ledroit recrée un univers merveilleux en un style « steampunk féérique ». Cette histoire, dessinée « en musique » et en « poésie » vous transportera dans un voyage organisé en quatre actes.

A suivre !

Yoniris Lafleur

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